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"Il y a une énorme pression
internationale de la part des grandes
entreprises de biotechnologies pour nous
obliger à autoriser des semences et des
cultures OGM dans ce pays . Elles passent par
des gouvernements et l'Organisation Mondiale
du Commerce pour faire pression sur l'UE . "
Elliot Morley, ministre britannique de
l'agriculture, The Guardian, 20 Août
2002.
Les consommateurs et les fermiers
européens sont résolus. Ils ne veulent pas
d'OGM, mais les puissants intérêts de
l'agro-industrie comme Monsanto et le Bureau
de la Fédération Américaine des Fermiers font
pression sur le gouvernement des USA pour
qu'il utilise l'Organisation Mondiale du
Commerce (OMC) pour introduire de force les
organismes génétiquement modifiés (OGM) sur
un marché européen hostile.
Depuis 1998, l'UE a confirmé un moratoire
de fait sur les cultures et les aliments GM.
Ce moratoire a été établi pour permettre à
l'UE d'élaborer une législation complète sur
les essais, la vente, l'étiquetage et la
traçabilité des OGM dans la chaîne
alimentaire. Cette législation basée sur le
principe de précaution , était une réponse
importante aux craintes du public au sujet de
la perte du choix du consommateur et des
risques possibles concernant la santé et
l'environnement pouvant découler de cette
nouvelle technologie . Mais l'agro-industrie
américaine ne renoncera pas au marché
européen sans se battre. Elle utiliser pour
l'instant le mécanisme de règlement des
différends de l'OMC pour essayer de forcer
l'UE à ouvrir ses marchés aux OGM.
monsanto mène le jeu
Monsanto est le plus grand producteur
d'OGM de la planète: 90 pour cent des 70
millions d'hectares utilisés pour les
cultures OGM dans le monde entier ont été
semés avec le maïs et le soja de cette
compagnie. Pour Monsanto et d'autres sociétés
de biotechnologies, les bénéfices dépendront
fortement de l'acceptation des consommateurs.
Les grandes entreprises clament qu'elles ont
dû renoncer à des exportations estimées à 300
millions de dollars US à cause du moratoire
de l'UE.Cette bataille ne concerne pas
seulement l'Europe: les consommateurs et les
fermiers à travers le monde réclament un
contrôle local des aliments et de
l'agriculture. L'exemple récent des pays
d'Afrique australe et d'ailleurs qui ont
rejeté l'aide alimentaire des USA souillée
par des OGM illustre le rejet croissant des
tentatives américaines visant à forcer un
public global peu disposé à consommer des
OGM.
mettre les décideurs dans sa
poche
Etant donné les profits en jeu, on n'est
pas surpris de constater que Monsanto et le
lobby américain de l'agro-industrie ont mené
des efforts concertés pour s'assurer que le
gouvernement des USA protège les intérêts des
compagnies.
Les liens étroits de Monsanto avec le
gouvernement US sont le résultat de l'argent
bien dépensé: en 2000, la compagnie a dépensé
2,002,000 de dollars US pour faire du
lobbying et a donné largement aux politiciens
bien placés. Cette générosité semble avoir
payé. Monsanto a un accès direct aux
officiels du gouvernement US, aux
négociateurs ainsi qu'une représentation au
Comité Consultatif de la Politique Agricole
du gouvernment pour le Commerce et le Panel
Consultatif sur les Biotechnologies de
l'Administration Pharmaceutique US.
Monsanto est active dans tous les
principaux lobby US de l'agroindustrie comme
BIO, le Conseil des Semences Américaines(US
Grains), et la Coalition Codex de l'Industrie
Alimentaire. Tous ces groupes de pression
sont opposés à la position méfiante de l'EU
sur les OGM: BIO se plaint que le moratoire
"menace la viabilité du système commercial
global" et US Grains et l'Association
Nationale des Cultivateurs de Maïs ont invité
le gouvernement des USA à porter plainte
contre l'UE au niveau de l'OMC à cause de sa
position "hystérique" sur les OGM. Monsanto
est également membre d'Europabio, le
principal groupe de pression européen
biotechnologies, qui argue également que le
moratoire est "indéfendable".
Monsanto a un allié proche et puissant
dans le Bureau de la Fédération des Fermiers
Américains (AFBF), classée par le magazine
Fortune comme étant l'une des organisations
les plus puissantes à Washington. En dépit de
son aspect rural "d'organisation de base des
fermiers", l'AFBF a des connections étendues
avec les grandes entreprises et ses positions
réflètent les préoccupations des grandes
entreprises de l'l'agroindustrie. L'AFBF a à
plusieurs reprises pressé l'administration US
de porter l'affaire au niveau de l'OMC.
L'influence que Monsanto exerce à un
niveau élevé sur le gouvernement américain
est renforcée par les va-et-vient de
fonctionnaires hauts placés entre les
services publics et le secteur privé. Par
exemple, Michael (Mickey) Kantor, ancien
secrétaire du ministère du commerce des USA
et ancien représentant du commerce des USA
est maintenant membre du conseil
d'administration de Monsanto. Michael Taylor,
qui a précédemment travaillé en tant que
Conseil pour Monsanto, était le
vice-commissaire de l'Administration
Alimentaire et Pharmaceutique US, quand cette
dernière a de façon controversée approuvé
l'hormone BST de renforcement du lait de
Monsanto et est revenu à Monsanto plus tard
en tant que vice-président. Ces connections
ne sont pas seulement limitées à
l'administration des USA: L'ancien
avocat-conseil en chef de Monsanto, Rufus
Yerxa a été nommé vice directeur général de
l'OMC en août 2002. Le Financial Times a
décrit Yerxa comme étant "juste l'homme dont
[le directeur général de l'OMC ] aura besoin
si jamais les USA devait s'en référer à l'OMC
au sujet des restrictions de l'UE concernant
les aliments génétiquement modifiés".
Ces copinages entre Monsanto, le
gouvernement des USA et l'OMC ont sans doute
facilité le lancement de la guerre contre
l'UE au sujet des OGM. Le lancement public de
cette guerre commerciale a été marqué par
l'empreinte de Monsanto: plusieurs d'entre
les intervenats lors de la conférence de
presse ont été liés à Monsanto, y compris le
prétendu "petit fermier" d'Afrique du Sud,
qui en fait parle régulièrement au nom de
Monsanto à l'occasion de diverses plateformes
pro-biotechnologies. Les tactiques de ce
genre constituent une gifle pour les vrais
petits fermiers, aussi bien que pour les
consommateurs autour du monde, qui seront les
vrais perdants si les intérêts des grandes
entreprises prenaient le dessus dans cette
guerre alimentaire.
la dernière mise à jour: 16e le 2003
décembre
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