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L'eau c'est de grosses affaires. Les
géants qui dominent l'industrie de l'eau
comme les grandes entreprises européennes
Suez et Vivendi- figurent au premier rang de
ceux qui tentent d'utiliser l'accord de l'OMC
sur les services - AGCS- pour favoriser
davantage une participation du secteur privé
dans l'industrie des eaux et "pérenniser" les
privatisations précédemment opérées. Pour le
secteur de l'eau cela se traduira par des
marchés et des bénéfices accrus, alors que
les résultats pour les communautés locales et
l'environnement sont loin d'être
réjouissants.
l'AGCS et l'eau
L'accord Général de l'OMC sur l'aspect
Commercial des Services (AGCS)constitue un
morceau important du puzzle pour Suez et
d'autres géants des eaux, car il contribuera
à faire pression sur des pays pour qu'ils
ouvrent des portions significatives de leurs
services des eaux aux entreprises
multinationales de l'eau. En outre,
l'AGCSrendra probablement de nombreux
arrangements courants de privatisation de
l'eau effectivement irréversibles et
indépendamment de tous les problèmes
associés. Les gouvernements suivants seront
ainsi limités dans leur capacité de
réintroduire la conception des services de
l'eau devant viser la satisfaaction des
besoins de la communauté.
Les sociétés des eaux ont un intérêt vif
pour piéger les gouvernements dans des
contrats de privatisation, qui ne les
empêchent pas elles de pouvoir se retirer si
les bénéfices diminuaient, mais qui en
revanche rendent les choses plus dures pour
les gouvernements qui souhaiteraient mettre
un terme à ces accords.
Néanmoins, ces dernières années, plusieurs
gouvernements ont mis un terme à des contrats
de privatisation des eaux avec la réalité des
prix plus élevés et de la faible qualité des
services qui ont déclenché de vastes
protestations des communautés. L'exemple le
plus révélateur a eu lieu dans Cochabamba en
Bolivie: après la privatisation, les tarifs
de l'eau ont augmenté de 150%, et la
compagnie, une filiale de Bechtel avait
menacé de couper ceux qui ne pouvaient pas
payer. Le résultat a été un soulèvement
populaire qui a finalement obligé le
gouvernement à annulerpar la suite le contrat
de privatisation en 2000. De même, en 2003,
le conseil municipal d'Atlanta, en Géorgie
aux Etats-Unis a résilié son contrat de 20
ans avec une subsidiaire de la Suez après
"des plaintes qui gagnaient en amplitude au
sujet de la faible qualité des services et de
la saleté de l'eau". En fait, le
mécontentement concernant les plans de
privatisation s'enfle de plus en plus un peu
partout dans le monde dans des pays comme
l'Argentine, l'Afrique du Sud, l'Australie et
les Philippines.
un système
tentaculaire
La participation poussée de la Suez dans
les groupes de pression des grandes
entreprises lui permet de jouir d'un
excellent accès aux décideurs clés à
l'échelle globale. La compagnie participe à
tous les groupes de pression commerciaux
majeurs, comme la Chambre Internationale du
Commerce, le Dialogue Transatlantique des
Affaires, le Conseil Mondial des Affaires
pour le Développement Durable et la Table
Ronde des Industriels Européens . Elle est
également membre du Forum Européen des
Services (FES), un groupe de pression des
grandes entreprises qui se focalise
intensivement sur l'AGCS.
Corporate Europe Observatory a employé les
moyens officiels de "demandes d'informations"
pour étudier la liaison structurelle
privilégiée ayant surgit entre l'équipe de la
Commission Européenne, 'AGCS 2000'et le FSE.
En octobre 2001, la Direction Générale du
Commerce de la Commission avait sollicité le
conseil de l'ESF sur le AGCS:"Nous
apprécierons beaucoup les contributions de
l'industrie dans cet exercice en termes de
découverte des points à problèmes et en
termes de requêtes spécifiques. En effet,
sans les contributions du FSE l'exercice
risque de devenir purement intellectuel".
Plus tard, un fonctionnaire du département
commercial de la Commission remerciait
Thames, Suez etVivendi, des géants des eaux
pour leur contribution à la réduction des
entraves au commerce avec comme perpective
l'ouverture de marchés pour les grandes
entreprises européennes.
Les rapports privilegiés existants entre
l'ESF et l'UE ne surprennent guère étant
donné que l'ESF était une initiative de
l'ancien Commissaire Commercial de l'UE, Sir
Leon Brittan. La bonne santé de cette
relation a été renforcée en septembre 1999
par Robert Madelin, un haut fonctionnaire de
la Commission commerciale, quand il a déclaré
à une assistance composée d'hommes d'affaires
britanniques que "la Commission Européenne
est convaincue de la nécessité de travailler
non seulement avec les experts des Etats
membres mais aussi directement avec
l'industrie européenne. Nous allons compter
fortement sur le Forum de Services Européens.
[...] Nous allons le faire tout aussi
fortement que sur le conseil direct des Etats
membres dans la formulation de nos
objectifs".
la suez et les groupes de pression
à l'échelle globale
La Suez occupe également une position
centrale dans la série de cadres de
réflections à l'échelle internationale comme
les commissions consultatives et les forum
qui ont dominé les discussion autour de l'eau
et des privatisations peçues comme que la
meilleure solution aux problèmes mondiaux de
l'eau. La Suez est un membre influent du
Conseil Mondial de l'Eau, un cadre
d'avant-garde, qui conseille la Banque
Mondiale et l'OMC. Jérôme Monod, un ancien DG
de la Suez est membre de la Commission
Mondiale de l'Eau pour le 21ème Siècle, un
organisme de sensibilisation publique de haut
niveau et de politique.
l'eau privatisée en uruguay: une
expérience "atroce"
La concession d'eau dans la Maldonado en
Uruguay opérée par Aguas de la Costa, une
filiale de la Suez, constitue un exemple de
privatisation ayant tourné mal. Selon Maria
Selva Ortiz de REDES/FoE Uruguay:
"la privatisation d' Aguas de la Costa a
eu comme conséquence une augmentation brutale
des tarifs. Le taux facturé par les services
publics dans la majeure partie de l'Uruguay
est un taux fixe de 3dollars US mais la Suez
est allée jusqu'à $70 juste pour vous
autoriser à ouvrir le robinet. En faisant
pression sur la municipalité, Suez est
parvenue à rendre ses services obligatoires
pour tous les habitants du secteur."
La Suez a également occasionné des
dommages environnementaux graves dans le
secteur des opérations. Selon Maria Selva
Ortiz, "l'eau a toujours été historiquement
prélevée de la Laguna Blanca pour subvenir
aux besoins de la population locale, mais peu
de temps après que la Suez ait pris les
commandes des services des eaux le lac
s'était asséchée en raison de la
surexploitation opérée par la compagnie."
Quand une école publique locale n'arrivait
plus à payer ces tarifs élevés fixés par la
Suez, elle a été coupée. Un riverain qui a
fourni de l'eau à l'école à partir de son
propre robinet s'est vu aussi coupé. Selon
Selva Ortiz: ce que nous expérimentons
diffère fortement de ce qu'on nous a dit lors
d'un pannel d'affaires européen durant le
Troisième Forum Mondial de l'eau tenu à
Kyoto, où on nous a montré une vidéo avec de
belles images au sujet de l'engagement des
grandes entreprises en faveur de l'éducation
et des enfants du monde. Ces images ne sont
de toute évidence que des opérations en R. P
et des compagnies comme la Suez ne sont
seulement intéressées que par les
profits."
Fermant les yeux sur ces problèmes, la
Banque Mondiale, le FMI et la Banque
Inter-Américaine de Développement poussent
maintenant très fort pour que l'expérience de
la privatisation soit étendue à tout le pays.
Cependant, le Comité National pour la Défense
de l'Eau et de la Vie au sein duquel
REDES/FoE Uruguay s'active propose une
réforme constitutionnelle permettant
d'assurer que ce qui reste des eaux puisse
être accessible à tout le monde en demeurant
une propriété publique avec une gestion
publique avec la spécification que les
ressources en eau soient gérées de façon
durable.
pour plus d'informations: "Les Barons Des
Eaux, Consortium international de
journalistes investigateurs:
www.icij.org/dtaweb/water
"WTO
and Water: The EU's Crusade for Corporate
Expansion", Corporate Europe Observatory
Water Info Brief:
www.corporateeurope.org/water/infobrief3.htm
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