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Bangladesh: focus sur BELA – association d’avocats environnementaux du bangladesh (bangladesh environnemental lawyers association)

Découvrez les Amis de la Terre Bangladesh

Nous vous présentons Talisma Islam

 

Je suis avocate senior et je fais partie de BELA depuis 1998. J’ai auparavant travaillé sur une organisation luttant pour les droits humains, la troisième plus grosse ONG au Bangladesh.

 

BELA a été fondé en 1992 par le Mohiuddin Farooque, décédé en 1997, dont l’enthousiasme et les activités menées au sein de BELA m’ont donné envie de rejoindre l’association.

 

taslimabela.jpg
Taslima Islam a la réunion semestrielle générale,
Croatie: septembre 2004

La responsable de BELA est Syeda Rizwana Hasan (Directrice des Programmes), avocate à la Court Suprême ; elle a la responsabilité de gérer l’association. Un comité exécutif composé de neuf personnes décide des orientations politiques.

 

Tous sont avocats en exercice. BELA a son bureau national à la capitale, Dhaka, cinq sièges régionaux à travers le Bangladesh et deux bureaux de liaison à Tangail et sur la zone côtière de Cox’s Bazar. Le bureau national compte 25 employés, couvrant toutes les régions, dont 10 à 12 avocats, en plus de l’équipe.

 

Chaque bureau local a son propre avocat et une équipe administrative. Les orientations de travail de l’organisation couvrent les droits financiers et de genre, notamment les congés de maternité et paternité, les fonds pour les soins à l’enfant et le transport des femmes travaillant la nuit.

 

En tant qu’avocate senior, je passe mon temps à faire des recherches et préparer les brouillons des pétitions pour des affaires en justice. Je ne fais pas d’apparition à la Cour mais je travaille au département des publications en tant que coordinatrice de projets. Je m’occupe d’organiser la majorité des ateliers régionaux et nationaux. Je participe à de nombreux séminaires hors du Bangladesh.

 

Les activités de BELA couvrent une vaste étendue de problématiques dont la recherche, les litiges environnementaux et des campagnes de sensibilisation auprès du grand public. Une de nos activités les plus populaires sont les formations mixtes pour les activistes civils et issus d’ONG et les pouvoirs publics. Ces formations ont lieu tous les 3 mois. Nous formons également des journalistes sur la façon de parler des questions environnementales, ainsi que des ateliers spécifiques pour les juges. Nous organisons des formations communes pour les fermiers et pêcheurs et nous organisons des débats sur les problèmes d’actualités pour préparer les appels contre les lois proposés par le gouvernement. Nos manifestations sont soutenues par du temps d’antenne à la télé et à la radio et promues par des campagnes d’affichage et d’autocollants.

 

La bibliothèque de BELA compte plus de 4000 livres, journaux et rapports ainsi que des archives d’articles de presse sur des questions environnementales remontant à 1993. Tous ces documents sont mis à disposition du public pour les étudier, dans la salle de lecture. Deux de nos membres sont disponibles pour recevoir les plaintes d’individus, examinées pour commentaire juridique.

 

Dans notre newsletter trimestrielle, publiée en anglais et bengali, nous parlons et analysons les problématiques actuelles et donnons des détails sur les décisions légales récentes. Nous incluons les copies des briefings sur des sujets tels que la biotechnologie, la mondialisation du commerce, les OGM, l’environnement et le changement climatique.

 

A ce jour, BELA a déposé 44 plaintes, concernant l’eau, l’air et la pollution industrielle, ainsi que la protection des ressources naturelles et le retrait des industries polluantes dans les zones résidentielles. Dans les 12 cas où une décision a été prise, toutes l’ont été en notre faveur. Le reste doit encore être décidé.

 

A la suite d’une des affaires, le concept de « Litige d’intérêt public »a été reconnu par le système judiciaire. Cette victoire a donné accès au système judiciaire aux 130 millions de citoyens sans-voix du Bangladesh.

 

Campagnes

 

La proposition indienne d’interconnexion des rivières

La proposition faite par l’Inde de relier un certain nombre de ses principales rivières est une question transfrontalière et environnementale. Si le plan est appliqué, il détournera l’eau pour irriguer des zones sèches, avec pour effet de restreindre gravement le flux d’eau du Bangladesh. Cela détruira à la fois biodiversité et culture, et augmentera la tension entre nos deux pays. A ce jour, nous avons récolté environ 10 000 signatures de protestation et nous avons organisé des ateliers nationaux et régionaux pour médiatiser le problème. On comptait parmi les participants des représentants des gouvernements du Pakistan et du Népal. Des activistes venus de ces deux pays et d’Inde sont venus, affichant leur solidarité à notre cause.

 

Changements constitutionnels

Cette campagne concerne la question de l’inclusion des dispositions relatives à l’environnement dans notre constitution. Cela a déjà été fait dans 117 pays. L’Inde, le Sri Lanka et le Népal ont amendé leur constitution pour inclure les dispositions environnementales et nous souhaitons que le Bangladesh suive leur exemple. Nous avons déjà des dispositions pour le droit à la vie (y compris le droit à l’environnement) qui ont été établis par une décision à un cas mené par BELA.

 

Ces dispositions ne vont pas assez loin, et nous demandons que l’environnement soit traité à part. Nous avons écrit au Premier Ministre, au leader de l’opposition, aux membres du Parlement et aux législateurs. Nous avons prévu d’organiser un débat pour influencer la décision du gouvernement au niveau politique (politique de sensibilisation). Cette approche a fonctionné par le passé en médiatisant des problèmes soulevés par les projets de lois, avant leur passage au Parlement. Notre plan est de présenter au Gouvernement les recommandations issues des débats, pour les inclure à la loi finale. Cette action devrait mener à l’intégration d’une clause environnementale dans la constitution.

 

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