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Centre pour l'Environnement et le Développemen

une interview avec belmond tchoumba

  J'ai été impliqué dans la construction du Centre pour l'Environnement et le Développement, et je l'ai vu se développer en tant que membre affilié jusqu' à devenir un membre à part entière de Friends of the Earth International en octobre 2004.

L'idée de créer une organisation est apparue au début des années 1990, quand le Cameroun, en même temps que beaucoup d'autres Etats africains, a entamé une période de libéralisation politique. Les organisations indépendantes ont eu beaucoup plus de facilité pour agir et beaucoup de nouvelles organisations ont été créées.

Un groupe de jeunes professionnels travaillant dans des secteurs divers avaient témoigné de la destruction de notre environnement et de nos forets natales. Nous étions aussi préoccupés par les niveaux de pauvretés atteints dans ces régions forestières, dans un pays aussi riche que le Cameroun. Nous voulions établir une gestion responsable des forets au Cameroun, et assurer que les habitants locaux bénéficieraient en premier de ses ressources. Le Cameroun possède 22 millions d'hectares de forets, et représente la deuxième plus grande surface forestière de l'Afrique (la première étant la République Démocratique du Congo).

Avant de rejoindre le Centre pour l'Environnement et le Développement, je travaillais pour une entreprise pharmaceutique française, voyageant dans tout le Cameroun. Je suis rapidement devenu familier avec mon pays, son peuple et son environnement. J'ai été choqué de voir des degrés de pauvreté si élevés dans un pays aussi riche. J'ai vu des gens mourir parce qu'ils ne pouvaient pas payer les médicaments que je vendais.

J'ai grandi dans un milieu rural- mon père était instituteur, donc même sans être riche, notre famille avait un revenu régulier. Nous avions une vie confortable et je n'étais donc pas conscient de ce qui se passait a coté de moi, dans les coins éloignés de mon pays.

Ces expériences ont encouragé ma décision de quitter l'entreprise pharmaceutique, lorsque j'ai compris que celle-ci faisait un bénéfice important aux dépens des gens les plus pauvres. L'idée de développer une ONG m'a vraiment plu, et je n'ai eu aucune hésitation à démissionner.

Je suis parti en décembre 1992 – a cette époque je n'avais pas d'autre travail. J'ai profité de cette période pour continuer mes études- j'avais reçu une bourse pour étudier au Royaume-Uni, a l'Institut Forestier d'Oxford. Puis j'ai voyagé au Tchad et au Nigeria, ou j'ai acquis de l'expérience en matière de désertification.

Je suis revenu au Cameroun, et j'ai aidé à construire le Centre pour l'Environnement et le Développement. Et j'ai commencé à travailler sur la foret. Mon travail comprend des actions sur le terrain et des campagnes internationales sur les problèmes forestiers. Je suis aussi engagé dans un programme forestier communautaire, concernant le droit des peuples indigènes à accéder aux ressources forestières.

campagne :droits des peuples indigènes

Il peut être très déconcertant de parler de peuples indigènes en Afrique ou au Cameroun. Beaucoup de peuples africains se disent indigènes du lieu ou ils vivent. Mais d'après le consensus scientifique, les Pygmées sont les vrais peuples indigènes du Cameroun (et de l'Afrique en général).

En commençant notre travail, nous avons très vite réalisé qu'il y avait d'autres communautés marginalisées, avec les Pygmées, habitant dans la foret et des espaces protégées. Nous avons réalisé que les lois nationales elles-mêmes contribuaient beaucoup à la marginalisation de ces peuples, puisque le modèle de propriété territorial est étatique. L'Etat possède tout et fait ce qu'il veut, en consultant a peine ceux qui vivent dans la foret.

Plus que toute autre communauté rurale, les Pygmées sont dépendants des ressources forestières pour leur survie, et cependant ils sont exclus de tout processus de décision.

Au Cameroun, le système d'utilisation de la terre divise les forets en deux « propriétés » principales :

  • La propriété forestière permanente avec les forets principales dont des concessions de déforestation sont allouées à des entreprises privées.
  • Des espaces protégés, ou les droits des individus sont sévèrement restreints voire complètement ignorés.

Ces facteurs contribuent de manière importante à élever le niveau de pauvreté.

Nous avons commencé à travailler avec les peuples vivant dans les forets pour leur donner la possibilité de réclamer leurs droits. Nous avons entrepris un programme de cartographie communautaire pour désavouer la proclamation d'une foret non habitée. Nous avons voulu dévoiler le nombre de personnes vivant dans la foret et dépendant de ses ressources, et montrer qu'il était essentiel de prendre en considération les besoins des communautés locales avant d'établir un plan de gestion.

Nous avons encouragé les populations locales à utiliser des équipements modernes comme le GPS. Puis ils sont allés cartographier leur territoire, et nous les avons aidé a l'enregistrer dans le GIS (système d'information géographique).

De cette manière, on peut obtenir une carte de très bonne qualité- certaines de leurs cartes étaient même plus précises que les cartes officielles, puisque nous avions fourni un réel travail de terrain.

Nous allons dans la foret pour apprendre :

  • Où sont les zones agricoles
  • Où sont les zones de chasse
  • Où sont les zones de stockage
  • Où sont les zones de pêche
  • où sont les sanctuaires ou autres patrimoines culturels.

Ils connaissent les noms de toutes les rivières, beaucoup desquels n'ont jamais été écrits. Donc c'est vraiment de la cartographie communautaire- toutes les informations qu'ils ont en tête sont transférées sur un bout de papier.

Ces cartes sont des outils très utiles- nous pouvons utiliser les informations pour discuter de la gestion de la foret avec les responsables de la gestion des zones protégées. Ces zones sont aussi souvent les terres ancestrales des communautés locales.

(La taille réelle de l'image fait 700 kb)

Le soutien de la communauté internationale est essentiel pour assurer le succès de nos campagnes, et nous trouvons une valeur inestimable a ces cartes dans les forums internationaux.

La politique forestière est menée par des dons. Nous devons convaincre les donateurs, surtout la Banque Mondiale, qui a initié la réforme forestière au Cameroun, qu'ils doivent soutenir les droits des peuples indigènes et l'accès aux ressources forestières.

succès

Nous avons mené des campagnes pendant plusieurs années, et maintenant nos efforts commencent à porter du fruit. Les autorités commencent a reconnaître qu'exclure les populations locales des zones forestières protégées ne sert a rien. Nous sommes en train de discuter avec les organisations de conservation de la nature, qui, elles, montrent une ouverture d'esprit en prenant en compte les questions locales. Les représentants de la Banque Mondiale font aussi preuve d'une volonté d'attention.

Nous prévoyons des conférences pour discuter des zones protégées et un de nos objectifs est de définir un droit d'accès aux forets pour les communautés Pygmées.

Le Parc National Campo Ma'an est une zone créée par le projet d'oléoduc du Tchad. Ce parc a été établi pour compenser les dommages causes par la construction de l'oléoduc. Ca signifie que la politique de la Banque Mondiale devrait s'appliquer et nous utilisons la directive opérationnelle 420 sur les peuples indigènes pour faire pression pour une approche incluant ce parc national. Nous avons l'impression que la Banque Mondiale est ouverte sur ce sujet et maintenant les représentants de WWF, qui sont responsables de la gestion du parc, montrent une certaine ouverture envers nos idées.

Nous espérons vraiment que beaucoup plus de nos discussions se transformerons en actions concrètes par les plans de gestion du parc. Il faut que ce soit un engagement écrit dans le plan de gestion et non un accord informel.

Un autre problème pour les Pygmées est celui de la terre en-dehors de la zone protégée. Ils ont eu des problèmes continus pour leur droit à une terre, et nous pouvons utiliser la cartographie pour négocier avec d'autres communautés voisines. Nous négocions avec les communautés pour les encourager à donner un peu de leurs terres aux Pygmées, pour qu'ils puissent faire leurs cultures. Cela a pris du temps, mais maintenant nous croyons qu'il y a une volonté de communication et que nous atteindrons un résultat positif.

Changer la loi au Cameroun est l'obstacle le plus dur que nous ayons à affronter. Si nous pouvons trouver des exemples pratiques dans ce champ, je crois que cela renforcera nos arguments.

Nous avons à peu près quinze membres du personnel, selon le nombre de projets sur lesquels nous travaillons. Notre but n'est pas d'augmenter notre taille, car nous ne voulons pas de bureaucratie excessive, mais de travailler en partenariat avec d'autres groupes pertinents.

Notre financement provient de projets communs avec d'autres organisations, y compris Rainforest Action Network (le Réseau d'Action pour la Foret Tropicale), et Forest Peoples Project (Projet des Peuples de la Foret) (par Comic Relief). De plus nous avons deux sources majeures de subventions aux Pays-Bas : Cordaid et Novib.

Nous contrôlons aussi l'arrachage du bois au Cameroun et travaillons avec d'autres groupes d'autres pays pour examiner les politiques de donation pour les questions forestières.

faire partie du réseau

Nous partageons les mêmes points de vue avec d'autres groupes sur un certain nombre de sujets, et nous travaillons de façon très proche avec Friends of the Earth aux Pays-Bas et en France. Au niveau international, nous avons aussi été impliques par le programme des Institutions Financières Internationales. Cette implication a procuré un public plus large à notre cause, que nous n'aurions pas atteint par nous-meme. Beaucoup de peuples ne peuvent pas se faire entendre, et n'ont aucun moyen, mais devenir membre d'une organisation internationale leur donne la possibilité de se faire entendre, et est d'une valeur inestimable pour recevoir un soutien mondial.

Un exemple de ce soutien est notre campagne contre l'arrachage des arbres Moabi. L'arrachage de ces arbres altère les conditions de vie et le gagne-pain des communautés locales. Nous travaillons avec Friends of the Earth France qui a lancé une campagne pour amener les consommateurs à boycotter les produits fabriqués en bois Moabi. Finalement, nous demandons l'arrêt absolu de l'arrachage de ces arbres et leur inscription dans la liste CITES des espèces protégées.

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