Dans un système alimentaire industriel de plus en plus mondialisé, la concentration du pouvoir entre les mains d’une poignée de sociétés transnationales (STN) constitue un problème majeur. De ce fait, elles possèdent une influence sans limites sur les décisions de consommation et les politiques publiques, ce qui entraîne une hausse de l’exploitation de la nature, des producteurs et de la main-d’œuvre. Cette concentration du pouvoir a également créé un écart immense entre les avantages et subventions dont bénéficie l’industrie agroalimentaire et ceux dont bénéficient des milliards de petits producteurs.

Les STN sont solidement installées dans chaque partie du système agroalimentaire et des oligopoles privés contrôlent la vente des semences commerciales, des pesticides et des engrais ainsi que le commerce, la distribution et la vente de détail des denrées alimentaires. Les méga-fusions et acquisitions intervenues depuis les années 1980 sont à l’origine de cette concentration du pouvoir sans précédent, et aujourd’hui, les STN trouvent de nouvelles façons de renforcer leur pouvoir et leur mainmise sur les profits. Voici quelques exemples :

  • La participation directe aux processus de prise de décisions des Nations Unies, transformant le fonctionnement « multilatéral » de l’élaboration des politiques dirigé par les États en un processus « multipartite », qui crée une structure de décision parallèle contrôlée par les STN et les fondations privées.
  • La financiarisation, la numérisation ainsi que les nouvelles technologies numériques et le traitement algorithmique des mégadonnées.
  • L’écoblanchiment du modèle agro-industriel par la récupération des idées de la société civile pour faire face à la crise alimentaire et leur conversion en solutions inadéquates, à l’instar des solutions basées sur la nature.

La concentration du pouvoir des entreprises est un obstacle majeur à la promotion de l’agroécologie et à la souveraineté alimentaire. Les Amis de la Terre International œuvrent pour démanteler le pouvoir du secteur privé au sein du système alimentaire, luttent contre l’accaparement de l’agroécologie et de la gouvernance du système alimentaire par les entreprises et promeuvent un traité international juridiquement contraignant sur les sociétés transnationales et le respect des droits humains.