COP29 Final action for climate finance

Alors que les négociations sur le climat de la CCNUCC (COP29) se terminent, les Amis de la Terre International dénoncent l’hypocrisie des pays riches qui ne parviennent pas à payer leur dû pour la finance climatique tout en alimentant un génocide et en promouvant des marchés du carbone aux conséquences néfastes.

« La prétendue « COP » de la finance climatique » s’est transformée en « COP des fausses solutions ».  Le très mauvais accord sur la finance détruit la notion même que les grands pays pollueurs riches portent une responsabilité historique dans la crise climatique et préfère favoriser la création d’outils financiers qui seront basés sur la dette privée. Les pays du Nord global n’ont plus aucune obligation de fournir un soutien financier au Sud global, comme le prévoit pourtant l’Accord de Paris. La COP29 a également mis un clou final dans le cercueil, en ouvrant la porte au marché mondial du carbone et à ses impacts désastreux pour les communautés et les écosystèmes. Nous avons vu les impacts de ces dispositifs : accaparements de terres, violations des droits des peuples autochtones et des droits humains, etc. »

Kirtana Chandrasekaran
Les Amis de la Terre International

La COP29 était censée la mise en place de la « finance climatique », à savoir apporter les moyens financiers nécessaires pour l’adaptation au changements climatique, pour compenser les pertes et dommages et permettre une transition énergétique juste. Au lieu de cela, on a assisté aux habituels jeux de pouvoir des pays riches qui cherchent désespérément à se soustraire à leurs responsabilités historiques.

« Les engagements des pays riches en matière de finance climatique sont une insulte aux pays en développement. Une soi-disant feuille de route, négociée par les États-Unis et d’autres pays développés qui sont prêts à tout pour échapper à leurs obligations. Elle ne garantit rien en termes de fourniture de finance climatique pour le Sud. Ces moyens financiers auraient dus être fournis sur la forme d’une assistance financière publique en provenance du Nord, avec un fort accent sur les subventions publiques. Parallèlement, ils exigent des pays en développement que ceux-ci fassent preuve d’une plus grande ambition en matière d’atténuation et d’adaptation. C’est une plaisanterie. Les pays riches abdiquent leurs responsabilités dans le cadre de l’Accord de Paris et jouent avec la vie des pauvres tout en détruisant la planète. »

Meena Raman
Sahabat Alam Malaysia / Amis de la Terre Malaisie

« Sans une finance climatique adéquate, la vulnérabilité de l’Afrique au changement climatique s’aggravera. Les communautés déjà aux prises avec la pauvreté et les inégalités seront confrontées à des difficultés croissantes alors qu’elles luttent pour s’adapter aux impacts climatiques. Pour les pays déjà accablés par la dette, agir face à ces défis signifiera détourner des ressources dont ils ont besoin pour financer des services essentiels comme les soins de santé et l’éducation, ce qui aggravera encore les inégalités. »

Kholwani Simelane
Amis de la Terre Afrique

L’échec à fournir les moyens nécessaires pour la finance climatique contraste fortement avec les dépenses militaires de ces mêmes pays qui continuent d’alimenter le génocide en Palestine. Lors de la COP29, les Amis de la Terre International et d’autres se sont mobilisés pour mettre en lumière cette hypocrisie, en continuant d’exprimer notre solidarité inébranlable et sans équivoque avec les Palestiniens. 

Dans un contexte de captage accru par les entreprises – on a découvert que le président de la COP29 avait conclu des accords sur les combustibles fossiles pendant la conférence et que plus de 1 770 lobbyistes spécialisés dans les combustibles fossiles sillonnaient les couloirs – il n’est pas surprenant de voir cette COP mettre en avant encore davantage les fausses solutions. Malgré ces conditions et les restrictions strictes imposées aux manifestants lors de l’événement, la société civile a pu faire entendre sa voix.

« La COP29 a également été caractérisée par le renforcement de l’articulation des mouvements du monde entier pour garantir une véritable action climatique ancrée dans la justice. Nous sommes maintenant en route vers la COP30, en développant un agenda environnemental sur le long terme et qui est critique, transformateur et émancipateur. Les groupes locaux au Brésil s’organisent déjà, les peuples et les communautés construisent leurs plans d’action et nous serons là, ensemble, plus forts et plus bruyants pour exiger la justice climatique. »

Linda González
Censat Agua Viva / Amis de la Terre Colombie

– fin –

Contact pour les médias

Ghislaine ATI // ghislaine@foei.org // @FoEint // à Bakou du 9 au 16 novembre // à distance du 17 au 23 novembre