Clôture de la COP30 : détournement par les pays riches et besoin urgent d’un multilatéralisme populaire
Les négociations des Nations unies sur le climat (COP30) ont officiellement pris fin à Belém, au Brésil. Les décisions relatives au financement climatique, à l’adaptation et à la transition équitable ont été prises dans un contexte où les pays riches du Nord ont décrété que les pays en développement étaient les boucs émissaires, tout en bloquant les avancées sur des résultats essentiels. Aujourd’hui, dix ans après la signature de l’Accord de Paris et trente ans après le Sommet de Rio, les Amis de la Terre International dénoncent l’hypocrisie manifeste des pays riches alors que le multilatéralisme est en jeu.
« Les pays riches, en particulier les États-Unis, ont non seulement bâti leur empire sur les combustibles fossiles et la marchandisation des denrées alimentaires, des terres et de l’eau, mais ils continuent d’alimenter la crise climatique et de développer les industries extractives dans les pays du Sud. La transition vers un modèle alternatif doit refléter cette responsabilité, les pays du Nord devant assumer leur juste part. Au lieu de cela, nous avons assisté à une nouvelle salve de reproches et de doigts pointés. Ce dont nous avons besoin, c’est d’une transition qui soit équitable, et pas d’une simple transition. »
Zimyl Adler
Amis de la Terre États-Unis
« Tout débat sur la transition énergétique doit s’inscrire dans le contexte de la justice et de la réparation pour les territoires et les peuples touchés par l’extractivisme. Il n’y a pas de transition équitable sans reconnaissance de la dette écologique dont sont redevables les pays du Nord. Nous avons besoin d’un financement public pour le climat abondé par les sommes de la dette qui est due aux pays du Sud, mais au lieu de cela, le Nord est occupé à dépenser des milliards pour financer la guerre et le génocide. »
Daniela Mendoza
Censat Agua Viva / Les Amis de la Terre Colombie
« Nos communautés sont en première ligne, dévastées par la crise climatique. Nous en subissons les conséquences chaque jour. Et puis nous venons ici, dans ces lieux de pouvoir, pour discuter de solutions concrètes, et on nous dit qu’il n’y a pas d’argent pour l’atténuation, l’adaptation ou les pertes et dommages, alors que certains pays du Nord bombardent des populations entières et continuent de se rendre complices de génocide. Leurs prétendues ambitions en matière de combustibles fossiles et d’atténuation n’étaient que de la poudre aux yeux, détournant l’attention du fait qu’ils sapent les décisions sur le financement, en particulier le financement de l’adaptation. Ils ont joué à des petits jeux échappatoires alors qu’il s’agit d’une question de vie ou de mort pour des millions de personnes. »
Meena Raman
Sahabat Alam Malaysia / Les Amis de la Terre Malaisie
« La COP30 a accueilli les entreprises transnationales à bras ouverts. 1 600 lobbyistes des énergies fossiles ont parcouru les couloirs en prônant de fausses solutions et une soi-disant « transition verte». Où est la justice quand nos voix, les voix de ceux qui sont en première ligne, sont écartées et étouffées par les industries mêmes qui détruisent le climat et menacent nos communautés et l’environnement ? Elles promeuvent de fausses solutions comme les marchés du carbone, à l’image du mécanisme « Tropical Forest Forever Facility » et marchandisent la nature pour engranger encore plus de profits tout en mettant le feu à la planète et en laissant le monde sombrer. »
Gideon Dela Akoto
Friends of the Earth Ghana
« Il n’y a pas d’avenir pour le multilatéralisme et l’Accord de Paris tant que ce seront les entreprises qui seront invitées à rédiger les règles. Les gouvernements du Nord ont une fois de plus bloqué les progrès et esquivé leurs responsabilités. Nous avons été témoins de la répression des peuples autochtones et du renforcement du militarisme ici, faisant écho à la répression généralisée des peuples et au silence imposé à nos voix à travers le monde. Face à cela, nous construisons un multilatéralisme des peuples, ancré dans la solidarité internationaliste, et centré sur les solutions réelles que les communautés impactées mettent en œuvre sur leurs territoires. »
Lise Masson
Les Amis de la Terre International
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Contacts médias
Ghislaine Fandel // ghislaine@foei.org // @FoEint // À Belém du 8 au 23 novembre