Durant deux jours de discussions pleines d’inspiration, de débats politiques, de partages d’histoires, d’expériences et de connaissances, ainsi que d’élaboration de stratégies créatives, des femmes, leaders et militantes, venues de cinq pays africains se sont rassemblées pour approfondir leur compréhension sur l’inégalité de « genre » en se basant sur leurs propres luttes en faveur de la justice environnementale, et pour s’unir autour de propositions afin de contester les pratiques discriminatoires et les oppressions dans leur pays et sur leur continent.

Cette première Rencontre de femmes des Amis de la Terre Afrique s’est déroulée du 16 au 17 août 2016 avec la participation des Amis de la Terre Cameroun, Libéria, Nigeria, Togo et d’Ouganda. Elle illustre la reconnaissance croissante à l’échelle du continent et de la Fédération de l’importance de soutenir pro-activement la participation, l’engagement et le leadership des femmes au sein du mouvement pour la justice environnementale. La réunion a eu lieu à Limbe, au Cameroun, avant l’Assemblée annuelle de l’Afrique (les deux réunions ont eu lieu dans les mêmes locaux), en visant le soutien de la participation de femmes à cette réunion régionale.

En tant que Fédération, nous reconnaissons que les femmes sont touchées de manière disproportionnée par l’injustice environnementale et climatique ou les conflits sociaux et les conflits pour les territoires, et nous nous efforçons également d’aller au-delà de cette reconnaissance pour vraiment comprendre et contester activement les causes profondes, économiques et culturelles, de l’oppression des femmes. Nous savons que tant que nous, les femmes, continueront d’avoir la responsabilité sociale des tâches domestiques et des soins et tant que la maison sera considérée comme notre espace « naturel », nous allons devoir continuer à faire face à de multiples défis dans nos vies professionnelles et militantes. Ces défis incluent le fait que nous ayons constamment à nous prouver nous-mêmes, que nous soyons considérées comme une menace pour nos collègues masculins, que nous soyons ignorées ou non respectées sur nos lieux de travail, et que nous soyons considérées comme « émotionnelle » lorsque nous sommes enthousiastes ou en colère (alors que nos collègues masculins sont considérés comme forts et autoritaires), parmi de nombreux exemples partagés entre les participantes.

Nous avons été inspirées par les stratégies des participantes de la réunion des femmes des AT Afrique pour surmonter ces défis, bien qu’elles aient un accès réduit à l’information, aux opportunités, et au soutien pour leur leadership ou le renforcement de leurs capacités. Leurs expériences sont la preuve concrète du pouvoir des femmes pour récupérer leurs terres et leurs droits du contrôle des entreprises et contre l’accaparement des terres par des sociétés minières ou des projets de plantations d’arbres à grande échelle dans les pays africains. Ils nous montrent que la transformation de nos sociétés est seulement possible si nous commençons par la transformation interne de nos organisations et de nos structures institutionnelles et militantes. Nous devons modéliser la transformation que nous voulons voir dans la société au sein de nos propres organisations.
La justice environnementale ne deviendra une réalité qu’à travers la lutte pour la justice sociale et contre toutes les formes d’oppression – le « genre », la race, la classe, le colonialisme, la sexualité. La justice environnementale, c’est également reconnaître le rôle unique des femmes dans le mouvement et dans la défense de leurs territoires face au contrôle des entreprise, les pratiques et politiques qui détruisent leurs vies et leurs moyens de subsistance. C’est de garantir que les femmes sont libres de vivre leur vie sans violence ou sans menace de violence. C’est de mobiliser les femmes à la base et de créer des espaces uniquement pour les femmes où nous pouvons partager et élaborer des stratégies. C’est de construire notre féminisme populaire du bas vers le haut !

Les participantes de la première réunion des femmes des AT Afrique ont partagé un communiqué exposant les principales discussions politiques de la réunion et leurs résolutions pour la justice de « genre » au sein des groupes nationaux des AT Afrique et des structures régionales au cours de la première journée de AGM des AT Afrique 2016. Reconnaissant la possibilité historique de prendre des mesures concrètes en vue de l’égalité des genres dans la région, l’AGA a pris des décisions sur plusieurs points d’action, y compris ce qui suit :

1) Promouvoir la représentation des femmes au sein de la direction régionale, y compris dans l’ExCom des ATI, le Conseil consultatif des AT Afrique et les groupes de pilotage des programmes ;
2) Créer un groupe de travail uniquement féminin pour faire avancer le débat sur le genre et la formation dans la région ;

3) Créer un groupe de travail pour recueillir des informations sur le travail effectué sur et par les jeunes dans les groupes nationaux et les potentiels futurs travaux.

Le pouvoir au peuple AVEC la justice de genre maintenant !

Signé par :
– Les représentantes des AT Cameroun
– La représentante des AT Libéria
– Les représentantes des AT Nigeria
– La représentante de AT Togo
– La représentante de AT Ouganda

Avec la solidarité du :
– Programme des ATI pour la Justice économique et la résistance au néolibéralisme
– Programme des ATI pour la Justice climatique et l’énergie
– Secrétariat international des ATI