Les négociations sur le Traité contraignant de l’ONU s’achèvent sur de nouveaux appels à mettre fin à l’impunité des multinationales et à se focaliser sur les communautés affectées
À l’issue de la 11e session de négociation en vue de l’élaboration d’un « Traité contraignant des Nations unies visant à tenir les multinationales responsables de leurs violations des droits humains » (Traité contraignant), les voix de ceux qui luttent pour la justice, le reddition de comptes et un multilatéralisme axé sur les peuples se sont fait entendre dans les couloirs de l’ONU.
Alors que les multinationales alimentent le génocide en Palestine, déplacent des communautés entières pour faire de la place à des projets énergétiques et extractifs à grande échelle et accaparent les terres et l’eau en toute impunité, l’urgence d’un Traité contraignant effectif n’a jamais été aussi grande. Cette session s’est focalisée sur les moyens de garantir les droits et la protection des victimes et des communautés affectées mais aussi sur le fait d’obliger les multinationales à être responsables et à rendre des comptes tout au long des chaînes de valeur. Elle a également renforcé les mises en garde contre la mainmise croissante des multinationales sur l’ensemble du processus. Les Amis de la Terre International, aux côtés de la « Campagne mondiale pour reconquérir la souveraineté des peuples, le démantèlement du pouvoir des multinationaleset la fin de l’impunité », a contribué à faire entendre la voix des personnes les plus affectées par les violations des droits humains commises par les multinationales :
« Depuis plus de 30 ans, nous attendons des réparations pour les dommages causés par des multinationales comme Chevron et pour les violations des droits des peuples autochtones par les multinationales, des violations qui mettent en danger non seulement nos vies, mais aussi celles des générations futures. À ce jour, nous n’avons trouvé aucun moyen d’accéder à la justice, et encore moins d’obtenir des réparations. Les crimes continuent de se répéter, mais nous plaçons nos espoirs dans le Traité contraignant, qui permettra non seulement de rendre justice, mais aussi de prévenir de futures violations. »
Maritza Criollo
UDAPT / Les Amis de la Terre Équateur
A l’heure actuelle, comme dans de nombreux autres espaces multilatéraux, la menace d’une mainmise des multinationales se fait de plus en plus forte. En réponse à l’activité de lobbying intense menée par les représentants des intérêts des multinationales dans la salle ainsi que face aux « fausses solutions » promues, les Amis de la Terre International et la « Campagne mondiale » ont décidé d’agir. Le mouvement initié dans l’espace des Nations unies, jaillissant de leurs sièges en solidarité avec les personnes affectées, a été un spectacle intimidant pour le lobby des multinationales et un rappel important de la place importante et des voix des communautés affectées qui doivent être au cœur du Traité.
« Permettre aux multinationales d’être représentées de quelque manière que ce soit dans ces négociations revient à laisser le renard concevoir le système de sécurité du poulailler. Année après année, le lobby des multinationales se voit donner l’accès à cet espace et une place à la table des négociations. La même table autour de laquelle les communautés – qui ont été en première ligne des atrocités commises par les multinationales – tentent d’obtenir l’accès à la justice. Elles n’ont rien à faire ici et nous sommes ici pour leur faire comprendre qu’elles ne sont pas les bienvenus dans cet espace qui n’est pas le leur, tout en rappelant aux États la menace concrète que leur mainmise représente pour l’intégrité de ce processus. »
Carmen Blanco
Les Amis de la Terre Europe
« Lors de cette session, une fois de plus, les États du Sud ont pris l’initiative de défendre le processus et le contenu fondamental des travaux. Il est primordial de renforcer cette alliance du Sud global, étant donné que les États du Nord continuent de tenter d’édulcorer le texte. Un traité spécifiquement adapté aux réalités du Sud et qui souligne à quel point les schémas coloniaux de pillage sont perpétués à travers l’exploitation des multinationales, peut contribuer à garantir le respect des droits humains et à mettre fin à l’impunité qui continue de prévaloir sur nos territoires. »
Erika Mendes
Justiça Ambiental (JA!) / des Amis de la Terre Mozambique
La 11e session étant terminée, Les Amis de la Terre International se tournent désormais vers la prochaine COP30 et le Sommet des peuples pour continuer à réclamer la fin de l’impunité des multinationales.
« Les communautés en première ligne des violations des droits humains et de la crise climatique exigent la justice et la mise en place de règles pour les multinationales, et non des manœuvres dilatoires et de l’écoblanchiment de la part de ces dernières. À l’approche de la COP30, il faut lutter contre la mainmise par les multinationales qui sape les espaces multilatéraux. Il faut faire passer les peuples et la planète avant les profits. Lors de la COP30, nous sommes bien décidés à bloquer les fausses solutions favorisées par les multinationales. Aux côtés des communautés et des mouvements participant au Sommet des peuples, nous élaborerons de véritables solutions »
Letícia Paranhos
Les Amis de la Terre International
À l’issue de cette session, les négociations entrent désormais dans leur douzième année, et les ATI, aux côtés de la « Campagne mondiale », sont convaincus qu’un traité juridiquement contraignant, solide et efficace, est plus proche que jamais. Le processus du Traité contraignant est une lueur d’espoir pour des milliers de personnes à travers le monde qui continuent de lutter dans leurs territoires pour un monde de paix et de libération, un monde dans lequel la défense de la vie passe avant les profits des multinationales.
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Dernières publications
A propos du lobbying des multinationales → The TNC Lobby: Foxes in the Henhouse
(Le lobby des multinationales : des renards dans le poulailler)
A propos de la crise climatique et du Traité contraignant → Environmental obligations for business and the Binding Treaty (Obligations environnementales pour les entreprises et le Traité contraignant)
Contact presse
Ghislaine Fandel // ghislaine@foei.org // @FoEint // à Genève du 17 au 25 octobre