Les négociations s’achèvent, laissant entrevoir l’espoir d’un traité contraignant et solide des Nations unies
La 12e session de négociations en vue d’un traité contraignant des Nations Unies sur les multinationales et les droits humains s’est achevée à Genève, en Suisse. Les Amis de la Terre International (ATI) ont bon espoir de voir naître un traité solide, après plusieurs décennies de lutte menée en première ligne par les communautés touchées et douze années de combat acharné au sein des Nations Unies. Ce traité contraignant permettrait de demander des comptes aux multinationales et garantirait aux communautés touchées l’accès à la justice. En lançant la campagne Échec et Mat afin d’internationaliser davantage ce combat, ATI aux côtés de la Campagne mondiale pour rétablir la souveraineté des peuples, démanteler le pouvoir des entreprises et mettre fin à l’impunité, continue de faire entendre la voix de celles et ceux qui sont les plus touchés par les violations des droits humains commises par les entreprises et qui mènent la lutte contre celles-ci :
« Chevron a ravagé des communautés et provoqué la pire catastrophe environnementale de l’histoire de l’Équateur. Des crimes tels que ceux commis par Chevron ne doivent plus jamais se reproduire nulle part ailleurs dans le monde, et leur impunité ne peut plus perdurer. Plus de trente ans après, nous continuons de réclamer justice en raison d’un système mondial d’impunité mis en place par et pour les multinationales. Nous avons fait tout ce chemin jusqu’à Genève pour exiger un traité contraignant et fort, car cela sera synonyme de justice, de réparations et de protection de nos communautés. »
Pablo Fajardo
UDAPT / AT Équateur
« Lorsque les terres de votre communauté ont été inondées de pétrole, que les droits humains ont été bafoués et que la santé a été mise en danger au nom du profit, vous ne pouvez pas attendre des décennies pour obtenir justice et réparation, comme c’est le cas pour tant de personnes aujourd’hui. C’est un moment crucial pour le Traité et pour l’une de nos propositions les plus fortes : la création d’un tribunal international chargé de juger les multinationales qui offrirait réellement aux communautés en première ligne face aux crimes d’entreprise un accès effectif à la justice. Nous avons certains États de notre côté et une vague de mobilisation de la société civile qui fait pression en ce sens. »
Juliette Renaud
Les Amis de la Terre / AT France
À l’instar d’autres instances multilatérales, le lobby des entreprises continue de constituer une menace pour la conclusion d’un traité solide. Face à ce conflit d’intérêts flagrant, ATI et la Campagne mondiale sont déterminés à faire en sorte que les entreprises que le traité est censé réglementer ne soient plus représentées à la table des négociations.
« L’Organisation internationale des employeurs et d’autres groupes de pression représentant les entreprises sont toujours présents dans la salle et s’efforcent activement de faire dérailler un processus mis en place par les communautés depuis des décennies. Permettre aux entreprises d’avoir leur mot à dire dans un traité destiné à les réglementer revient à laisser les élèves décider de la manière dont leurs examens seront notés. L’OIE a menacé de quitter la salle si les entreprises n’étaient pas entendues, et nous serions ravis de leur montrer la sortie. »
Erika Mendes
Justiça Ambiental JA! / AT Mozambique
« Nous nous tournons désormais vers la phase finale visant à obtenir un traité contraignant solide, qui constituerait une victoire historique pour toutes les communautés qui ont tant perdu face à la domination du pouvoir des entreprises. Les communautés touchées sont au cœur de ce processus, qui appartient au peuple, et nous exigeons un traité qui reflète cela. Ce sera un coup de grâce porté au pouvoir des entreprises et la fin de l’impunité des multinationales. »
Letícia Paranhos
Les Amis de la Terre International
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Contacts presse
Ghislaine Fandel // ghislaine@foei.org // À Genève, du 9 au 17 octobre