Les négociations sur le climat des Nations-Unies parviennent à une fin à Lima aujourd’hui avec un texte dicté par les intérêts de pays et de sociétés riches et développés, qui fait peu pour les gens et pour la planète[1]. Ceci a vivement contrasté avec le leadership réel et l’inspiration démontrée par les mouvements sociaux, les organisations et les communautés en première ligne de la crise climatique.

“Nous étions profondément concernés par le fait que ces négociations ne parviennent pas à livrer un résultat équitable et ambitieux, pendant que nous suivions les événements ici à Lima cette semaine” [2], a déclaré Jagoda Munic, présidente des Amis de la Terre International. “Nos inquiétudes ont été prouvées tragiquement correctes. Ce texte manque désespérément d’ambition, de leadership, de justice et de solidarité pour les gens les plus touchés par la crise climatique”.

Les pays développés sont venus à Lima avec la détermination de garantir un résultat qui reflète leurs intérêts économiques à court-terme, comme si la crise climatique n’entrait pas en considération. L’issue manque de courage, de justice et de solidarité avec des milliards de gens affectés par le changement climatique.

Alors que les Philippines endurent un temps plus extrême et des communautés dans le monde entier paient pour l’excès de carbone des autres avec leurs vies et leurs moyens de subsistance, l’issue de Lima laisse tomber les gens et la planète, à un moment où des solutions réelles sont requises plus urgemment que jamais.

L’issue ne dit rien quant aux réductions d’émissions drastiques requises avant 2020, sans lesquelles nous courrons le risque d’une augmentation encore plus grande des températures et une rupture du climat. L’issue sape la responsabilité historique. Les obligations urgentes des pays développés de fournir des finances pour le climat manque de manière évidente. Ce texte crée une architecture qui conduira à un deal voué à l’échec à Paris. C’est tout à fait inacceptable. Les gouvernements des pays développés doivent urgemment trouver le courage nécessaire et la volonté politique de s’occuper de la taille de cette urgence planétaire.

Loin des corridors de négociation, les gens ont continué de se mobiliser et de construire un mouvement tenace afin de mettre en application des solutions réelles à la crise climatique. Le Sommet des peuples sur le changement climatique (Cumbre de los Pueblos) [3] –- en cours en parallèle des négociations des Nations-Unies  — a rassemblé des mouvements sociaux et des organisations du Pérou, d’Amérique Latine et du monde entier. Ils ont échangé leurs expériences et continué de construire un momentum vers la transformation requise pour s’adresser aux racines de la crise climatique et créer un monde meilleur, plus propre et plus juste.

“La conviction, la solidarité et l’ambition exprimée au Sommet des peuples rend l’échec des gouvernements développés de rejoindre les besoins des gens encore plus scandaleux”, a déclaré José Elosegui des Amis de la Terre Uruguay.

“D’un côté nous voyons de la complaisance et les pays riches agissent dans l’intérêt des sociétés, et de l’autre côté nous voyons de la détermination et des solutions réelles et pratiques venant de gens qui n’ont joué aucun rôle dans la création de cette crise, mais qui sont déjà touchés”.

Quinze mille personnes ont marché dans une protestation énorme (la marche en Défense de la Terre-Mère) [4] le 10 décembre  — la journée internationale des droits de l’homme. Le respect des droits humains est central aux demandes exprimées dans les rues de Lima. Les protestataires ont appelé à la justice et à des solutions réelles à la crise climatique, dont des réductions immédiates et drastiques des émissions de carbone, l’arrêt des combustibles fossiles et de la déforestation, la construction de solutions d’énergie renouvelable appartenant aux communautés et la protection de nos systèmes de souveraineté alimentaire agrobiologiques.

“Le mouvement pour des solutions réelles devient plus grand et plus fort jour après jour. La mise en œuvre de vraies alternatives à l’énergie polluante et aux systèmes agroalimentaires industriels, ainsi que les demandes du mouvement pour la justice climatique doivent maintenant être amenées au cœur des négociations sur le climat”, a ajouté José Elosegui.

Les Amis de la Terre International contribuent à la mobilisation de gens, de réseaux et de groupes venant du monde entier, avec des solutions réelles et le leadership des gens en son centre, sur la route en direction de Paris et au-delà.