Les négociations du traité de l’ONU sur les plastiques s’ouvrent sur des appels à la réduction de la production et des financements
Des négociations historiques en vue de parvenir à un traité des Nations unies visant à résoudre la crise de la pollution plastique (cinquième session du comité de négociation intergouvernemental – INC-5) viennent de débuter à Busan, en Corée du Sud. Cette semaine, qui devrait être le dernier round des négociations du INC-5, déterminera si nous allons enfin obtenir un accord international juste, centré sur les personnes et la planète, pour mettre fin à la pollution plastique.
Les Amis de la Terre International et d’autres groupes de la société civile demandent l’établissement d’un traité fort qui reflète les graves impacts des plastiques sur la santé, la nécessité de réduire leur production, de mettre fin au commerce des déchets et de fournir des financements aux pays du Sud pour qu’ils puissent mettre en œuvre des actions sur le terrain.
Avant les négociations, des centaines de militants membres des Amis de la Terre ont fait entendre ces exigences en organisant 10 manifestations à travers le monde, écrivant des messages avec leurs corps, pour exiger un traité fort sur les plastiques. Ainsi, sur une plage de Busan, hier, 500 personnes se sont rassemblées pour écrire « End Plastic » avec leurs corps.
« Les plastiques contenant des produits chimiques nocifs sont désormais omniprésents dans l’air, dans l’eau et dans nos aliments. Notre corps et notre santé sont attaqués. L’exposition à ces produits chimiques a été associée à toute une série de problèmes de santé, notamment des déséquilibres hormonaux, des problèmes de santé reproductives, des problèmes de croissance et de rachitisme chez les enfants ainsi qu’un risque accru de certains cancers. Et malgré cela, la santé n’est pratiquement pas mentionnée dans le projet de texte actuellement débatu. Si les personnes et l’environnement sont réellement censés être au centre de ces négociations, alors l’accord doit protéger la santé ».
Gohar Khojayan
Armenian Women for Health and a Healthy Environment / Amis de la Terre Arménie
« Un traité destiné à lutter contre l’accumulation de plastique n’a aucun sens s’il ne l’élimine pas à la source. Les industries des combustibles fossiles et de la pétrochimie sont bien conscientes qu’une action réelle sur les plastiques constitue une menace pour elles. La question que les décideurs doivent se poser est donc de savoir si le pouvoir des entreprises est plus important que la santé des populations et de l’environnement. Ce n’est pas le recyclage qui nous sauvera. La réduction de la production de matières plastiques n’est pas seulement une partie importante du traité, elle est nécessaire pour mettre fin à la crise des matières plastiques. »
Rico Euripidou
GroundWork / Amis de la Terre Afrique du Sud
« Pour que ce traité aboutisse à une action ambitieuse, qui réduise efficacement la pollution plastique, des moyens financiers doivent être mis à la disposition des pays du Sud. Le traité doit reconnaître les impacts durables du « colonialisme des déchets » et des asymétries de développement lorsqu’il appelle à la mise en œuvre et au respect du traité. Cela signifie que les pays riches doivent fournir des moyens financiers aux pays du Sud pour prendre cette question à bras le corps. L’aide financière doit se faire par le biais de subventions, et non de dettes et de prêts remboursables. L’adoption d’autres mécanismes financiers qui ne sont pas basés sur les finances publiques rendrait ces négociations malhonnêtes, injustes et profondément limitées en termes de portée de leur mise en œuvre. »
Bareesh Chowdhury
Bangladesh Environmental Lawyers Association / Amis de la Terre Bangladesh
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Contact pour les médias
Ghislaine Fandel // ghislaine@foei.org // Whatsapp/Signal +33 7 66 67 95 50 // @FoEint // à Busan du 22 au 27 novembre // à distance du 28 novembre au 1er décembre