Ouverture des négociations sur le Traité contraignant de l’ONU : la société civile exige des droits pour les peuples et des règles pour les sociétés transnationales
La 11e session de négociation en vue de l’élaboration d’un Traité contraignant des Nations unies visant à tenir les sociétés transnationales (STN) responsables de leurs violations des droits humains (Traité contraignant) s’est ouverte à Genève, en Suisse.
Les communautés affectées sont au cœur du Traité contraignant et Les Amis de la Terre International, aux côtés de la « Campagne mondiale pour la souveraineté des peuples, le démantèlement du pouvoir des entreprises et la fin de l’impunité », sont déterminés à faire en sorte que le texte reflète cette réalité. Alors que les multinationales qui violent les droits humains continuent d’être représentées dans le processus de négociation via le lobby des entreprises et sont soutenues par certains pays du Nord, la société civile, elle, est déterminée à ne rien lacher et à obtenir justice pour ceux qui sont en première ligne face à l’impunité des entreprises.
« Les multinationales détruisent nos communautés, nos terres et l’environnement pour faire des profits. Elles violent nos droits humains fondamentaux en toute impunité et nous sommes privés d’accès à la justice. Un Traité contraignant est indispensable car la situation est désastreuse. Parce que notre sol est encore souillé par les rejets de pétrole que Chevron a déversé en Amazonie, parce que les gens continuent à être malades et que l’eau est toujours imbuvable. »
Pablo Fajardo
UDAPT / Les Amis de la Terre Équateur
Les négociations ont démarré avec force à la suite des importantes manifestations organisées à Genève par la « Campagne mondiale » et ses alliés suisses. Des militants, des représentants des communautés affectées et des mouvements sociaux se sont rassemblés pour exiger la fin de la complicité des entreprises dans le génocide à Gaza. Lors de la manifestation, le Traité contraignant a été reconnu comme étant un outil primordial pour mettre fin à la complicité et à l’impunité des entreprises et pour garantir aux communautés affectées l’accès à la justice et à la réparation.
« Du Bangladesh à la Palestine, du Mozambique à la Serbie, les multinationales violent sans scrupules les droits des peuples et détruisent la nature. Les systèmes qui accélèrent le dérèglement climatique sont les mêmes que ceux qui permettent la poursuite de l’occupation et du génocide en Palestine. Il est nécessaire de mettre un frein au pouvoir et à l’impunité des multinationales et d’exiger qu’elles rendent enfin des comptes. »
Dipti Bhatnagar
Justiça Ambiental (JA!) / Les Amis de la Terre Mozambique
Les lobbies des entreprises, qui ont fait irruption en force dès le premier jour de la négociation, défendent une architecture mondiale qui garantit l’impunité des sociétés transnationales.
« Les lobbies d’entreprises présents dans la salle (comme l’Organisation internationale des employeurs ou la Chambre de commerce internationale) sont déterminés à édulcorer le traité. Dès le premier jour, ils ont exigé que le président empêche certaines entreprises d’être nommément désignées dans les négociations. Ces lobbies n’existent que pour servir les intérêts des entreprises, que font-elles alors dans un processus qui est censé se focaliser sur les droits humains ? Leur présence ici n’est rien d’autre que l’expression flagrante d’un conflit d’intérêts. »
Roula Mamlouk
Les Amis de la Terre France
Alors que le multilatéralisme est menacé, Les Amis de la Terre International se tournent vers la prochaine COP30 et le Sommet des peuples pour continuer à attirer l’attention sur le rôle et la responsabilité des multinationales dans la polycrise actuelle.
« Les multinationales sont des responsables majeurs dans les crises climatiques et écologiques actuelles. Depuis les géants des énergies fossiles jusqu’à l’agroalimentaire, en passant par l’exploitation minière, la finance et la technologie, elles ont engrangé d’énormes profits en exploitant les peuples et la planète. La crise climatique, qu’elles ont engendrée et alimentée et dont elles ont tiré profit pendant des décennies, a déjà causé des millions de morts, des déplacements massifs de populations, des famines, des maladies, des conflits et la destruction accélérée des écosystèmes dans le monde entier. C’est une question de droits humains et elle doit être prise en compte dans le Traité contraignant. »
Letícia Paranhos
Les Amis de la Terre International
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Dernières publications
A propos du lobbying des entreprises → The TNC Lobby: Foxes in the Henhouse
(Le lobby des multinationales : des renards dans le poulailler)
A propos de la crise climatique et du Traité contraignant → Environmental obligations for business and the Binding Treaty (Obligations environnementales pour les entreprises et le Traité contraignant)
Contact presse
Ghislaine Fandel // ghislaine@foei.org // @FoEint // à Genève du 17 au 25 octobre