Les mouvements sociaux se réunissent pour discuter de la transition énergétique juste

Alors que les crises climatiques et énergétiques s’aggravent et que la nécessité de sortir des énergies fossiles devient inévitable, des membres de mouvements paysans, autochtones, sociaux et environnementaux se réunissent cette semaine à Santa Marta, en Colombie, pour réclamer une transition énergétique juste. Le Sommet des peuples pour un avenir sans énergies fossiles se tient en ce moment, en amont de la première Conférence sur la transition vers une économie sans énergies fossiles. La société civile se mobilise pour que l’appel à une transition énergétique qui place la vie avant les profits ne puisse être ignoré.

« Le système énergétique fossile alimente l’occupation, le siège, la guerre et le génocide, de la Palestine à Cuba en passant par l’Iran. Les puissances impérialistes et les grandes entreprises ravagent nos communautés et l’environnement partout dans le monde. Seule une transition énergétique féministe et juste peut démanteler l’impérialisme et les systèmes qui transforment la vie, la terre et le climat en sources de profit et de destruction, au détriment d’un changement transformateur pour les peuples. »

Lise Masson
Les Amis de la Terre International

Les groupes des Amis de la Terre Internationale soulignent que si la transition énergétique s’inscrit dans les mêmes systèmes qui ont provoqué la crise climatique, elle risque non seulement d’aggraver cette crise, mais aussi de perpétuer les inégalités et les oppressions historiques qui ravagent aujourd’hui les communautés et l’environnement.

« La transition ne peut pas se résumer à une « économie verte » reposant sur les mêmes inégalités historiques. Elle doit être une transition juste et centrée sur les peuples, , avec les communautés en son centre, et doit reconnaitre la responsabilité historique du Nord. Elle doit s’accompagner de solutions concrètes pour démanteler le modèle des énergies fossiles qui continue de détruire la vie. »

Catalina Caro
CENSAT / Les Amis de la Terre Colombie

Les groupes des Amis de la Terre Internationale soulignent que si la transition énergétique s’inscrit dans les mêmes systèmes qui ont provoqué la crise climatique, elle risque non seulement d’aggraver cette crise, mais aussi de perpétuer les inégalités et les oppressions historiques qui ravagent aujourd’hui les communautés et l’environnement.

« La transition ne peut pas se résumer à une « économie verte » reposant sur les mêmes inégalités historiques. Elle doit être une transition juste et centrée sur les peuples, , avec les communautés en son centre, et doit reconnaitre la responsabilité historique du Nord. Elle doit s’accompagner de solutions concrètes pour démanteler le modèle des énergies fossiles qui continue de détruire la vie. »

Catalina Caro
CENSAT / Les Amis de la Terre Colombie

Néanmoins, les fausses solutions promues par les multinationales et les États qui les soutiennent se sont progressivement immiscées dans les politiques climatiques et les instances multilatérales. Les communautés touchées par ces fausses solutions ont fait entendre leurs revendications à Santa Marta, appelant à une transition véritablement juste.

« La transition juste n’inclut pas les fausses solutions telles que les marchés du carbone, l’hydrogène, le nucléaire ou la géo-ingénierie. Il ne s’agit là que de moyens d’échapper aux responsabilités pour les grands pollueurs, ancrés dans un colonialisme du carbone qui déplace les peuples autochtones et porte préjudice aux communautés, en particulier dans les pays du Sud. Les vraies solutions existent déjà : l’agroécologie, la gestion autochtone et l’énergie contrôlée par les communautés. La justice climatique n’est pas une solution de marché, mais une transformation des systèmes et du pouvoir. »

Wahyu Eka
WALHI / Les Amis de la Terre Indonésie

Lors d’un événement organisé le premier jour du sommet par les Amis de la Terre Amérique latine et Caraïbes et les Amis de la Terre Europe, les intervenants ont également mis en avant d’autres menaces liées au pouvoir des entreprises :

« Le mécanisme de règlement des différends entre investisseurs et États risque de perpétuer la dépendance aux énergies fossiles en permettant aux entreprises de poursuivre les États en justice pour leurs politiques climatiques. Il pénalise l’action climatique, constitue un obstacle à la sortie des énergies fossiles et peut coûter des millions d’euros de deniers publics dont la transition a pourtant cruellement besoin. Si les gouvernements peuvent être poursuivis pour avoir choisi de véritables solutions climatiques, quel avenir protégeons-nous réellement ? »

Frances Verkamp
Les Amis de la Terre Europe

Les vraies solutions à la crise climatique doivent donc s’appuyer sur le pouvoir du peuple, être menées et mises en œuvre par les communautés concernées, respecter les écosystèmes et être guidées par le principe de suffisance plutôt que par la recherche d’un profit sans limite.

« Une transition énergétique qui se contente de remplacer les combustibles fossiles par des méga-projets d’énergies renouvelables reposant sur l’accaparement des terres, les violations des droits humains et la création de nouvelles zones de sacrifice, en particulier dans les pays du Sud, n’est pas une transition juste. Nous refusons de reproduire le même modèle extractiviste sous un habillage écologique. La transition doit entraîner un transfert de pouvoir, et pas seulement un changement de sources d’énergie, afin que les communautés puissent façonner leur propre avenir et protéger les territoires dont elles dépendent. »

Siphesihle Mvundla
groundWork / Les Amis de la Terre Afrique du Sud

Tout au long du Sommet des peuples, Les Amis de la Terre International contribuera à tracer la voie vers un avenir sans énergies fossiles, libéré des systèmes d’oppression qui sont à l’origine de la crise climatique. Alors que nous appelons à une transition énergétique féministe et juste, nous continuerons à placer la vie et les droits des peuples au cœur de nos préoccupations tout en revendiquant la souveraineté énergétique.

– end – 

Contacts presse

Ghislaine Fandel // ghislaine@foei.org // @FoEint // À Santa Marta du 24 au 30 avril