Repression in Argentina 1

Les Amis de la Terre International sont solidaires des mouvements socio-environnementaux, féministes, syndicaux et des peuples indigènes en Argentine qui ont subi un acte de répression ignoble le 12 juin dernier, ayant causé plus de 600 blessés et 35 détentions arbitraires. A l’heure actuelle, quatre de ces personnes sont encore détenues dans des prisons fédérales de haute sécurité pour avoir exercé leur droit légitime de manifester.

« Protocole anti-protestation » : lois régressives, pauvreté et cruauté

La manifestation réprimée faisait suite à six mois de gouvernement d’extrême droite de Javier Milei, dont les politiques ont fait grimper le taux de pauvreté à 55,5 % et l’extrême pauvreté à 17,5 %. Les travailleurs et la souveraineté nationale sont constamment attaqués par la « flexibilisation » du droit du travail et l’imposition de lois et de décrets qui constituent une grave régression en matière de droits. En outre, des tentatives sont faites pour accorder au président des super-pouvoirs et pour libéraliser complètement les actions des sociétés transnationales extractives. 

S’appuyant sur le « protocole anti-protestation » et sur des agents clandestins chargés de semer le trouble, les forces armées ont attaqué les manifestants à l’aide de canons à eau, de balles en caoutchouc et de gaz lacrymogène, procédant à des arrestations arbitraires de personnes prises au hasard. Les personnes détenues ont révélé qu’elles avaient été victimes d’abus en prison, notamment d’aspersion de gaz lacrymogène, de coups et de déshabillage forcé. En outre, elles sont accusées de terrorisme et de tentative de coup d’État. Les nouvelles méthodes d’action du pouvoir judiciaire fédéral constituent un grave précédent pour les mobilisations futures ; les poursuites engagées contre les manifestants marquent une dangereuse intensification de la criminalisation de la protestation et mettent en péril le système démocratique.

Augmentation de la répression en Argentine pour démobiliser la population 

Si la répression des manifestations pacifiques fait partie du mode de fonctionnement du nouveau gouvernement national, les accusations de mener des projets « séditieux et terroristes », et les tentatives judiciaires pour valider ces accusations mensongères marquent un tournant critique qui envoie le message que les personnes qui osent se mobiliser n’ont plus ni droits, ni garanties. Ces procédés révèlent l’escalade de la violence économique, symbolique et politique qui a lieu en Argentine depuis six mois, de manière croissante et ininterrompue. Les personnes détenues sont des étudiants, des travailleurs et des activistes sociaux.

Ces mesures s’ajoutent à un plan systématique de stigmatisation des mouvements sociaux dans les médias et la suspension des livraisons d’aide alimentaire subventionnée aux cuisines communautaires.

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Credit (both images): Somos Telam, Argentina

Solidarité internationaliste

Partout à travers le monde on voit monter le rejet des politiques inhumaines de Javier Milei. Des manifestations ont récemment eu lieu en Espagne et en Allemagne lors des visites de Javier Milei dans ces pays, qui s’est déplacé avec des fonds publics de l’État argentin pour aller soutenir les mouvements de droite et d’extrême droite dans ces pays.

Les mouvements sociaux, environnementaux, syndicaux, féministes et d’économie populaire en Argentine et dans le monde entier sont en alerte. Nous appelons la communauté internationale à faire preuve de solidarité internationaliste, en exigeant la libération immédiate et l’abandon des charges contre toutes les personnes détenues. Nous exigeons également l’arrêt immédiat de la violence d’État, le respect de la démocratie et la fin de la criminalisation de la protestation.