{"id":6879,"date":"2015-11-05T17:37:36","date_gmt":"2015-11-05T17:37:36","guid":{"rendered":"https:\/\/www.foei.org\/amis-de-la-terre-cameroun-un-defenseur-de-lenvironnement-lourdement-condamne-au-cameroun\/"},"modified":"2022-02-02T08:12:42","modified_gmt":"2022-02-02T08:12:42","slug":"amis-de-la-terre-cameroun-un-defenseur-de-lenvironnement-lourdement-condamne-au-cameroun","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.foei.org\/fr\/amis-de-la-terre-cameroun-un-defenseur-de-lenvironnement-lourdement-condamne-au-cameroun\/","title":{"rendered":"Un d\u00e9fenseur de l\u2019environnement lourdement condamn\u00e9 au Cameroun"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"western wp-block-paragraph\">Monsieur Nasako Besingi, Directeur de l\u2019ONG Struggle to Economize our Future Environment (SEFE) a \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9 ce jour par le tribunal de Mundemba, dans le Sud-Ouest du Cameroun. Nasako Besingi faisait l\u2019objet d\u2019une s\u00e9rie de plaintes pour diffamation introduites par la soci\u00e9t\u00e9 SGSOC et par deux de ses anciens employ\u00e9s. &nbsp;Apr\u00e8s plusieurs renvois au cours des derniers mois, la d\u00e9cision a finalement \u00e9t\u00e9 rendue le 3 novembre 2015, et la sentence est lourde pour l\u2019activiste : une amende de 1 000 000 de francs CFA, ou une peine d\u2019emprisonnement de 3 ans. Il devra en plus payer des dommages et int\u00e9r\u00eats de 10 000 000 de francs CFA aux deux parties civiles, ainsi que les d\u00e9pens d\u2019environ 200 000 francs CFA. Nasako dispose de 24 heures pour s\u2019acquitter du montant de l\u2019amende, faute de quoi il ira en prison pour 3 ans.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Joint au t\u00e9l\u00e9phone, Me Adolf MALLE, avocat \u00e0 Kumba, s\u2019est d\u00e9clar\u00e9 surpris par la condamnation de son client, et a indiqu\u00e9 qu\u2019il ferait appel de cette d\u00e9cision, fond\u00e9e sur des moyens de preuve des plus contestables.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En 2012 alors qu\u2019il servait de guide \u00e0 une \u00e9quipe de journalistes de t\u00e9l\u00e9vision r\u00e9alisant un documentaire sur les conflits entre la soci\u00e9t\u00e9 Herakles Farms (SGSOC) et des communaut\u00e9s de l\u2019arrondissement de Mundemba dans le Sud-ouest du Cameroun, Nasako Besingi avait \u00e9t\u00e9 violemment attaqu\u00e9 par un groupe de personnes, en la pr\u00e9sence de nombreux t\u00e9moins. Il avait alors r\u00e9dig\u00e9 un rapport de l\u2019\u00e9v\u00e8nement, sur lequel repose aujourd\u2019hui la plainte en diffamation.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Monsieur Nasako Besingi a fait l\u2019objet d\u2019une s\u00e9rie de plaintes et d\u2019arrestation depuis l\u2019installation de la soci\u00e9t\u00e9 Herakles Farms (SGSOC) dans la r\u00e9gion du Sud-Ouest, en raison de sa d\u00e9nonciation des violations de la loi par cette compagnie, qui y a d\u00e9marr\u00e9 ses op\u00e9rations (d\u00e9frichage, ouverture de route et cr\u00e9ation de p\u00e9pini\u00e8res) avant d\u2019avoir obtenu un titre l\u00e9gal sur les terres, ce qui constitue une violation du droit foncier camerounais. L\u2019opposition des communaut\u00e9s, qui contestaient la l\u00e9galit\u00e9 de la pr\u00e9sence de la compagnie sur leur terroir et qui, dans leur vaste majorit\u00e9, condamnaient cette tentative d\u2019accaparement de leurs terres, a conduit \u00e0 de nombreux conflits avec la compagnie. La condamnation de monsieur Nasako Besingi, qui fait suite \u00e0 une s\u00e9rie d\u2019autres proc\u00e9dures, semble indiquer une volont\u00e9 d\u2019intimider les d\u00e9fenseurs de l\u2019environnement, dans un contexte marqu\u00e9 par la multiplication des investissements sur la terre et sur les ressources naturelles, qui empi\u00e8tent fortement sur les terroirs villageois.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour Samuel Nguiffo, Secr\u00e9taire G\u00e9n\u00e9ral du Centre pour l\u2019Environnement et le D\u00e9veloppement, \u00ab&nbsp;L\u2019arriv\u00e9e massive d\u2019investisseurs dans l\u2019exploitation de la terre et des ressources naturelles peut conduire \u00e0 davantage de conflits de cette nature, et il est important que l\u2019administration et la justice dans notre pays soient pr\u00e9par\u00e9es \u00e0 la gestion de ces tensions. Le non respect de la l\u00e9gislation au moment de l\u2019installation de la compagnie SGSOC dans le Sud-Ouest a \u00e9t\u00e9 \u00e0 l\u2019origine de nombreux probl\u00e8mes, et le Gouvernement doit tirer les le\u00e7ons de cette exp\u00e9rience&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le Centre pour l\u2019Environnement et le D\u00e9veloppement (CED) et ses partenaires d\u00e9plorent cette condamnation, qui envoie un signal inqui\u00e9tant aux communaut\u00e9s d\u00e9fendant leurs terres et leurs ressources face aux activit\u00e9s des multinationales.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab Cette affaire nous montre bien qu\u2019il est important que les politiques de gestion des ressources naturelles incluent mieux la protection des droits de l\u2019Homme et tiennent compte des droits coutumiers des communaut\u00e9s \u00bb, a d\u00e9clar\u00e9 Apollin Koagne, Chef du projet \u2018\u2018Verdir le respect des droits de l\u2019Homme dans le Bassin du Congo\u2019\u2019.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Tout en r\u00e9affirmant sa confiance dans la justice du Cameroun, le CED et ses partenaires souhaitent que Monsieur Nasako Besingui puisse jouir en appel de son droit \u00e0 un proc\u00e8s juste et \u00e9quitable.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Image: photosforclass.com<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Monsieur Nasako Besingi, Directeur de l\u2019ONG Struggle to Economize our Future Environment (SEFE) a \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9 ce jour par le tribunal de Mundemba, dans le Sud-Ouest du Cameroun. Nasako Besingi faisait l\u2019objet d\u2019une s\u00e9rie de plaintes pour diffamation introduites par la soci\u00e9t\u00e9 SGSOC et par deux de ses anciens employ\u00e9s. &nbsp;Apr\u00e8s plusieurs renvois au cours&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":5317,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"inline_featured_image":false,"_monsterinsights_skip_tracking":false,"footnotes":""},"categories":[387,388],"tags":[],"class_list":["post-6879","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-features-fr","category-news-fr"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.foei.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6879","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.foei.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.foei.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.foei.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.foei.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6879"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.foei.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6879\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.foei.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/5317"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.foei.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6879"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.foei.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6879"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.foei.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6879"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}