Cette déclaration est faite au nom d’Amis de la Terre International, Global Forest Coalition, Econexus, Forests of the World et Fundación Ambiente y Recursos Naturales (FARN Argentine). Elle aborde comment la Convention sur la diversité biologique devrait développer un processus de définition de nouveaux cadres et objectifs pour faire suite aux objectifs d’Aichi relatifs à la biodiversité, censés être atteints en 2020.  

Le processus post-2020 est crucial pour la définition des objectifs, mais aussi pour leur future mise en œuvre. Pour que les communautés puissent s’approprier ses objectifs, celles-ci doivent être intégrées au processus d’élaboration. C’est pourquoi il est essentiel d’établir des processus pleinement participatifs, qui rassemblent non seulement des délégués par pays, mais aussi des peuples autochtones, des communautés locales, des jeunes, des femmes et des organisations de la société civile au sein d’instances régionales.

Pour que les futurs engagements soient un succès, il est essentiel de tirer des leçons du passé. Il faut donc une analyse approfondie des raisons pour lesquelles les objectifs d’Aichi n’ont pas été atteints. Puis il faudra modifier la manière de procéder, et, enfin, restaurer la confiance.

Le processus post-2020 DOIT nous guider vers un monde qui tienne compte des limites de la planète.

Il doit aussi prendre en compte l’impact croissant du changement climatique sur les écosystèmes.

Toutefois, nous ne voulons pas d’un processus similaire à celui de la CCNUCC qui a conduit à l’accord de Paris, car son approche basée sur les « engagements volontaires » a lamentablement échoué à maintenir le réchauffement de la planète sous les 2 degrés.

La croissance économique infinie n’est pas compatible avec la protection de l’environnement. Il incombe à cette convention de garantir la préservation de la biodiversité. Elle doit donc établir des processus qui lui permettent de répondre à ce défi.

Pour cela, il faut mettre fin à la mainmise des entreprises dans la sphère publique et limiter leur rôle dans les débats politiques via les instruments financiers.

Les sommes investies dans les activités destructrices pour l’environnement sont de plus en plus importantes par rapport à celles investies dans la préservation de la biodiversité. Les nouveaux objectifs doivent viser le retrait des incitations perverses et l’établissement d’une réglementation sur le désinvestissement des projets nocifs.

L’un des enseignements de la convention sur le climat est que les mécanismes de compensation ont échoué à apporter une réponse au changement climatique. Les compensations en matière de biodiversité sont encore plus absurdes qu’en matière de climat.

La biodiversité est extraordinairement complexe; elle varie énormément d’une région à l’autre. Adopter une méthode unique de mesure de la biodiversité – et, de fait, adopter des instruments de mesure en général – revient à se cantonner à un des nombreux aspects de la biodiversité, et à en négliger d’autres valeurs importantes. Il faut donc renoncer aux compensations.

Les objectifs devraient également présenter des éléments qualitatifs. Ils devraient aussi intégrer le fait qu’il a été démontré que ce sont les peuples autochtones et les communautés locales qui sont les meilleurs garants de la biodiversité et des écosystèmes.