AVIS AUX MEDIA, le 27 mars 2014 — La Via Campesina, Friends of the Earth International, Focus on the Global South, World Rainforest Movement et plus de 120 organisations dans le monde entier ont envoyé une lettre à la FAO (une organisation des Nations-Unies pour l’Agriculture et l’Alimentation) à Rome, à l’occasion de la journée internationale des forêts, instaurée par les Nations-Unies le 21 mars.

La lettre demande à ce que la FAO change sa définition actuelle des forêts. Au cours des trois prochains mois, les groupes présenteront aussi leur demande aux bureaux nationaux et régionaux de la FAO.

Isaac Rojas, coordinateur des forêts et de la biodiversité de Friends of the Earth International, note que “la définition de la forêt de la FAO a besoin de refléter la richesse culturelle que les forêts représentent. La définition actuelle ne fait qu’aider à cacher cette diversité, renforçant plutôt une série de fausses solutions et de tendances à la privatisation, ainsi que des activités avec des impacts négatifs sur les communautés qui dépendent de ces forêts.”

Pour ces peuples qui dépendent des forêts, les produits non-boisés comme les fruits, les graines et les plantes médicinales ont une importance énorme, tout autant que la pêche, la chasse ou encore l’agriculture.

“Les paysans dans les zones forestières pratiquent traditionnellement l’agriculture sur la base d’un savoir transmis de générations en générations en conservant, pas en détruisant les forêts.

Les forêts sont fondamentales pour les paysans afin de garantir leur souveraineté alimentaire.

Nous nous opposons à la marchandisation croissante des ressources naturelles comme les forêts, poussée par les sociétés transnationales et certains mécanismes comme REDD (programme des Nations-Unies de réduction des émissions liées à la déforestation et à la dégradation de la forêt).

Les forêts sont cruciales pour maintenir l’écosystème et par conséquent le mode de vie des fermiers”, explique Henry Saragih, de la plus grande organisation paysanne dans le monde, La Via Campesina.

L’un des aspects les plus pervers de la définition actuelle des forêts de la FAO est le fait qu’elle inclut les monocultures industrielles d’arbres.

Selon Teresa Perez du World Rainforest Movement, “ces plantations industrielles d’arbres à grande échelle ont quadruplé ces 20 dernières années dans le Sud global et représentent maintenant des dizaines de millions d’hectares.

Le résultat a été la déforestation et bien d’autres impacts négatifs pour les populations indigènes, paysannes et autres populations traditionnelles comme la perte de territoire, d’eau et de biodiversité”.

Shalmali Guttal de Focus on the Global South a ajouté que “la définition actuelle de la FAO favorise tout d’abord et en premier les intérêts des sociétés, en particulier les industries de la plantation d’arbres et celles du bois. Ces sociétés – nationales et transnationales – exacerbent et encouragent souvent l’appropriation de terres et de ressources au détriment des territoires des communautés du Sud global.”

C’est honteux que la FAO et d’autres institutions internationales associées avec la conservation des forêts continuent de perpétuer ce simulacre.

La lettre conclut avec un appel à la FAO à la réflexion de sa définition de ce qui constitue une forêt pour les communautés qui en dépendent: “en contraste avec le processus existant de la FAO, un processus d’élaboration d’une nouvelle définition plus appropriée des forêts doit efficacement engager ces hommes et ces femmes qui dépendent directement des forêts.

Une définition appropriée des forêts doit soutenir leurs modes de vie, leurs réseaux et organisations. Lors de la journée internationale des forêts, nous nous engageons à poursuivre la campagne afin de faire bouger la FAO et toutes les institutions concernées vers l’initiation d’un processus de formulation d’une nouvelle définition de la forêt, qui soit mené par les communautés des forêts.”

 

CONTACT

Isaac Rojas – Amigos de la Tierra Internacional – tel. +59899621591  correo electrónico: isaac@coecoceiba.org (Espagnol-Anglais)

Shalmali Guttal – Focus on the Global South – tel. +66-2 – 218 7363/4/5 – correo electrónico: s.guttal@focusweb.org (Anglais)

Perla Alvarez Britez – La Via Campesina – tel +595 981146575 – correo electrónico: perlaalvarezbritez@gmail.com (Espagnol)

Henry Saragih, La Via Campesina +505 78228041 – correo electrónico: henry.saragih@viacampesina.org (Anglais)

Teresa Perez – Movimiento Mundial por los Bosques – tel.: +598 2413 2969 – correo electrónico: teresap@wrm.org.uy (Espagnol-Anglais)

Image: View of palm oil plantation in Cigudeg, Bogor by Achmad Rabin Taim from Jakarta, Indonesia