Les Amis de la Terre International condamnent et refusent catégoriquement le coup d’État contre le gouvernement du président Evo Morales en Bolivie. La vague de violence provoquée par la droite intégriste, misogyne et raciste, avec le soutien des forces armées et de la police boliviennes, a conduit à la crise démocratique actuelle et poussé le président Evo Morales à démissionner, dans ce qui ne peut qu’être qualifié de coup d’État.

Ce coup d’État a anéanti la démocratie de l’État plurinational de Bolivie. Au nom de la démocratie, de la souveraineté populaire, de la paix et des droits humains en tant que principes qui nous unissent dans le monde entier, nous dénonçons les événements en cours. 

Nous nous joignons aux Amis de la Terre Amérique latine et Caraïbes (ATALC) et à tous les mouvements latino-américains qui se rassemblent pour refuser ce coup d’État et faire preuve de solidarité avec les peuples de Bolivie. Dans le cadre de cet élan de solidarité, La Via Campesina a salué le rôle moteur joué par la Bolivie dans l’adoption de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des paysans. La Confédération syndicale des travailleurs et travailleuses des Amériques (CSA) a précisé que Morales et le vice-président García Linera « ont pris la décision de démissionner aujourd’hui de façon à éviter de nouvelles effusions de sang ».

Nous sommes vivement préoccupés par les violations des droits humains à l’œuvre, et ce malgré la démission d’Evo Morales. Cette démission a laissé un vide de pouvoir, ouvrant la voie à l’appropriation de l’État bolivien par Jeanine Áñez, raciste et intégriste autoélue.

Nous dénonçons les acteurs nationaux et étrangers, dirigés par les comités citoyens d’entrepreneurs et l’oligarchie nationale, qui ont mis en œuvre ce plan violent de déstabilisation de la démocratie bolivienne avec un racisme, des menaces et un harcèlement abjects.

Nous exigeons par conséquent le respect des droits humains de tous les Boliviens. Nous restons vigilants quant à la poursuite prévue des violences perpétrées contre les civils, les membres d’organisations sociales, les journalistes et les représentants du gouvernement Morales, leurs familles et les dirigeants et militants des mouvements sociaux. La suppression de l’État de droit liée à un coup d’État de cette nature porte atteinte aux droits fondamentaux, y compris le droit à la vie.

Nous exhortons les mouvements sociaux et politiques du monde entier à se prononcer ouvertement contre le coup d’État et à condamner cette nouvelle attaque virulente contre le droit à l’autodétermination du peuple bolivien.

Dans la lutte pour l’émancipation des peuples fondée sur la justice environnementale, sociale, économique et de genre, nous continuons à nous opposer à l’impérialisme sous toutes ses formes et nous ne cesserons que lorsque la démocratie sera rétablie en Bolivie et que la menace de la droite fasciste pour nos camarades d’Amérique latine aura disparu.

La protection de la démocratie, de la paix, de la souveraineté et de l’autodétermination en Bolivie, fondée sur les droits de ses peuples sans ingérence extérieure, est de la plus haute importance. Nous refusons le coup d’État en Bolivie et appelons la communauté internationale à en faire de même et à rétablir immédiatement l’État de droit.

Nous sommes solidaires du peuple bolivien.

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