L’agroécologie a gagné du terrain ces dernières années, à mesure que le besoin de transformer notre système agroalimentaire devenait de plus en plus évident. Le système alimentaire du marché libre, basé sur l’agriculture industrielle et l’exportation de produits de base, a détruit les écosystèmes et aggravé la faim. Les mouvements mondiaux pour la justice agraire et la souveraineté alimentaire, organisés autour de points de convergence tels que le Forum de Nyéléni, ont mis l’accent sur l’importance de l’agroécologie dans cette transformation.

Simultanément, la prise de conscience croissante de ces problèmes, et du rôle de l’agroécologie en tant que solution, a poussé un large éventail d’acteurs à tenter d’employer le terme ‘agroécologie’ de différentes manières. Les grandes entreprises en particulier, accompagnées de quelques ONG, États et organisations intergouvernementales qui les soutiennent, essaient d’imposer une vision étroite de l’agroécologie, qui consiste à s’occuper certains dégâts causés à l’environnement associés à l’agriculture industrielle. Mais même dans ces termes cette vision est inadéquate, car elle ne s’occupe que partiellement de ces dégâts. En outre, elle réduit le potentiel transformateur de l’agroécologie en préservant ou en aggravant les inégalités, l’exploitation et le déséquilibre des pouvoirs, qui sous-tendent le système agroalimentaire actuel.

L’« agroécologie bidon » : La mainmise des multinationales sur l’agroécologie est un rapport des Amis de la Terre International, Crocevia et Transnational Institute. Il examine trois initiatives publiques-privées d’« agriculture durable » liées à des multinationales comme Nestlé, Pepsico, Cargill, Unilever, et au Forum économique mondial. Il constate qu’elles utilisent ces initiatives de gouvernance pour poursuivre l’intensification, l’idéologie de marché libre et faire la mainmise sur les processus décisionnels, sous prétexte de promouvoir l’agroécologie.