COP29 Carbon markets FoEI Press conference

Un jour avant la clôture des négociations sur le climat de la CCNUCC (COP29), la supposée « COP sur le financement climatique », les pays développés se dérobent à leurs responsabilités en matière de financement de la lutte contre le changement climatique, favorisant l’introduction de fausses solutions dans le texte final. Il semble désormais de plus en plus probable que les financements privés à but lucratif, les prêts et même les fonds nationaux des pays du Sud seront comptabilisés dans l’objectif de financement climatique plutôt que les subventions et les financements publics. Il s’agit d’une régression majeure, qui expose les pays du Sud global à des dettes croissantes et à des sérieuses crises financières.

« Nous avons exigé et continuerons d’exiger 5 000 milliards de dollars annuels de financement public pour la lutte contre le changement climatique, versés par les pays du Nord aux pays du Sud. Il s’agit d’une dette climatique à payer. C’est le minimum nécessaire pour que le pays du Sud global puissent faire face au changement climatique, s’adapter à ses effets et y faire face. Nous n’accepterons pas les mécanismes coloniaux et destructeurs que les pays riches mettent en avant, car ce n’est pas cela la justice climatique. »

Kirtana Chandrasekaran
Les Amis de la Terre International

L’objectif de financement peut désormais inclure les marchés du carbone, une solution notoirement nefaste, déstructrice et qui a apporté la preuve de son inefficacité, ainsi que les échanges « dettes contre nature ».

« Il est choquant de constater que la COP29 s’apprête à approuver des marchés du carbone alors que ceux-ci sont encore pires que les marchés volontaires du carbone précédents. Les marchés du carbone ne sont pas des instruments de financement de la lutte contre le changement climatique, mais des permis de polluer. Ils permettent aux grands pollueurs d’échapper d’un seul coup à leurs obligations en matière d’émissions et de financement. Nous savons que ces marchés ont échoué. Ils sont truffés de fraudes, ne réduisent aucunement les émissions et ne fournissent pas de financements. L’avenir des communautés du monde entier et, en fait, de la planète elle-même est en jeu. »

Agus Dwi Hastutik
WALHI / Amis de la Terre Indonésie

« Après 20 ans d’existence des marchés du carbone, ceux-ci ont-ils contribué à la croissance des communautés ? Comme l’a déclaré le Secrétaire général des Nations unies, les entreprises devraient investir dans la réduction de leurs propres émissions au lieu de s’en remettre aux marchés mondiaux du carbone. Le rôle des organisations est de surveiller la réduction des émissions dans le cadre de ces négociations et pourtant, dans de nombreux pays, il n’y a pas eu de réduction et les fonds n’ont pas été versés aux communautés. Ces marchés du carbone sont une imposture, un échec et une menace directe pour les populations et la planète. Mais malgré cela, ils continuent d’être favorisés. »

Linda Gonzalez
CENSAT / Amis de la Terre Colombie

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