Berlin, Allemagne, 7 avril 2014 : éviter le grave changement climatique exigera non seulement une diminution de l’utilisation des énergies fossiles mais également une révolution structurelle de nos économies et sociétés, selon un important rapport scientifique des Nations Unies sur le climat, attendu le 13 avril à Berlin.

« Les scientifiques nous disent que pour éviter une aggravation rapide de la crise climatique, nous devons immédiatement réduire notre dépendance aux énergies fossiles et investir massivement dans les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique. Les Gouvernements doivent agir rapidement suite à cette annonce. Il est urgent d’investir dans des solutions d’énergie renouvelable appartenant aux communautés » précise Dipti Bhatnagar, coordinatrice du programme Justice climatique et énergie pour les Amis de la Terre.

« Jusqu’ici, les dirigeants du monde entier ont réellement manqué de volonté politique pour engager la transformation vers des sociétés sobres en carbone, en réduisant l’utilisation des énergies fossiles et en investissant dans de l’énergie pour les communautés par exemple, » ajoute-t-elle.

La troisième partie du cinquième rapport du Groupe d’Expert Intergouvernementaux sur l’Evolution du Climat (GIEC) illustrera les changements socio-économiques majeurs qui seront nécessaires pour réduire nos émissions de CO2.

« Les scientifiques confirment l’urgence de nouvelles décisions pour éviter de déclencher un changement climatique catastrophique et ses conséquences irréversibles sur les hommes et les écosystèmes. Des solutions réelles à la crise climatique sont disponibles. Nous avons besoin de solutions énergétiques basées sur les communautés, d’efficacité énergétique et de réduire les niveaux actuels de consommation, mais pas de sources d’énergies fossiles ou dangereuses comme le nucléaire » selon Inga Roemer, des Amis de la Terre Allemagne / BUND.

Le rapport du GIEC suggérera certainement que l’efficacité énergétique, les énergies renouvelables mais également le nucléaire, contribueront à répondre à la crise climatique.

Agro-carburants

Ce rapport sera certainement plus prudent sur l’agro-énergie et les agro-carburants que les précédents, précisant que l’agro-énergie peut souvent se révéler plus néfaste pour le climat que les énergies fossiles, ainsi qu’avoir un impact négatif sur la sécurité alimentaire et la protection de la biodiversité.

« Nous devons faire cesser la compétition entre les agro-carburants et la production alimentaire en sortant progressivement de l’utilisation aberrante de nourriture comme carburant », précise Robbie Blake, responsable des campagnes agro-carburant pour les Amis de la Terre Europe.

Au cours des dix dernières années, les agro-carburants ont été largement présentés comme une solution pour réduire les émissions de CO2 liées à l’utilisation des véhicules, par rapport à l’énergie fossile. Toutefois, de récentes études réalisées par la Commission Européenne confirment que ces réductions sont presque nulles, en tenant compte notamment du mode d’exploitation des terres qui servent à la production de ces agro-carburants, et d’autres facteurs.

Des regimes alimentaires durables?

Le rapport pourrait également, et ce pour la première fois, pointer l’importance de régimes alimentaires durables pour réduire l’émission des gaz à effet de serre, promouvant par exemple des régimes alimentaires plus pauvres en viande comparés aux habitudes alimentaires des pays occidentaux.

Pour plus d’information

Dipti Bhatnagar, Coordinatrice du programme Justice climatique et énergie pour les Amis de la Terre : email dipti(at)foei.org or skype : nimadichai

Inga Roemer, Amis de la Terre Allemagne / BUND
+ 49 30 275 86 468 ou inga.roemer(at)bund.net

Robbie Blake, chargé de campagnes sur les agro-carburants pour les Amis de la Terre Europe :
+32 2893 1017 ou robbie.blake(at)foeeurope.org

Notes de lecture

[1] Le rapport WG3 du GIEC comprendra 16 chapitres produit par 272 auteurs. Un résumé du rapport sera validé ligne par ligne par jusqu’à 195 pays et publié le 13 avril 2014 à Berlin sur www.ipcc.ch/report/ar5

Ce rapport pourra donc être considéré comme particulièrement fiable et, en raison du processus de validation, présentera également des conclusions conservatrices.
Le rapport mettra en avant des solutions politiques et technologiques mais ne sera pas contraignant.

Une note sur le WG3 préparée par les Amis de la Terre Angleterre, Pays de Galles et Irlande du Nord est également disponible : www.foe.co.uk/sites/default/files/downloads/advance-briefing-ipcc-report-climate-mitigaton-45694.pdf