Qu’est-ce que la Convention sur la diversité biologique ?

La Convention sur la diversité biologique (CDB) est un traité des Nations Unies entré en vigueur en 1993 qui réunit de nombreux gouvernements et vise à définir des stratégies à l’échelle mondiale en faveur de la conservation et de l’utilisation durable de la biodiversité ainsi que du partage juste et équitable des avantages découlant de l’utilisation des ressources génétiques.

À ce jour, la CDB a débouché sur la conclusion de deux accords majeurs : 

Le Protocole de Cartagena sur la prévention des risques biotechnologiques, entré en vigueur en 2003 ;
Le Protocole de Nagoya sur l’accès aux ressources génétiques et le partage juste et équitable des avantages découlant de leur utilisation, entré en vigueur en 2014.

Après l’échec dans la réalisation des objectifs d’Aichi dans le cadre du Plan stratégique 2011-2020 pour la diversité biologique, des négociations sont toujours en cours autour de son successeur : le cadre mondial de la biodiversité pour l’après-2020.

Comment contribuons-nous aux travaux de la CDB ?

Pour faire face à la menace d’un effondrement de la biodiversité et aux conséquences de la déforestation à l’échelle mondiale, Les Amis de la Terre International participent aux efforts déployés dans le cadre de la CDB depuis 2004. La crise de la biodiversité est fortement liée aux crises environnementale, climatique et sociale. Afin de préserver la biodiversité et de répondre à ces crises, le monde a besoin d’un changement de système. Par l’intermédiaire d’une collaboration étroite avec la CBD Alliance et de la production d’analyses approfondies, nous promouvons un changement de système et l’adoption de solutions concrètes et populaires auprès de la CDB afin de lutter contre la perte de biodiversité, notamment en mettant en avant notre vision pour un cadre mondial de la biodiversité efficace.  

En 30 ans d’existence, la CDB a permis la conclusion de plusieurs accords qui bénéficient aux membres de la société civile, aux peuples autochtones et aux communautés locales du monde entier. 

Ceci étant dit, les gouvernements ne sont pas parvenus à mener à bien le dernier plan stratégique décennal, qui contenait les objectifs d’Aichi pour la biodiversité. Par ailleurs, plutôt que de s’appuyer sur les bases solides du précédent accord, les membres de la CDB ont préféré élaborer un nouveau cadre mondial de la biodiversité pour l’après-2020, dont les négociations sont toujours en cours après avoir été retardées par les restrictions liées à la COVID-19.  

Toutefois, comme le souligne le rapport d’évaluation mondiale 2019 de la biodiversité publié par la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques, une action urgente est toujours nécessaire.

Les Amis de la Terre International défendent les droits des peuples autochtones et des communautés locales, qui sont les véritables gardiens de la biodiversité. Nous pensons que les droits des communautés sont fortement interconnectés avec la protection des écosystèmes dans lesquels elles vivent. Lorsque des multinationales envahissent leurs territoires, les défenseurs et défenseuses de l’environnement prennent l’initiative pour protéger leurs communautés et les écosystèmes locaux. Nous œuvrons pour l’intégration des défenseurs et défenseuses des droits humains au cadre mondial de la biodiversité pour l’après-2020. 

La préservation de la nature requiert d’imposer des règles claires et contraignantes aux multinationales afin de protéger efficacement la biodiversité, les écosystèmes, les droits humains ainsi que l’ensemble des droits des peuples autochtones et des communautés locales. Nous devons nous attaquer aux causes profondes et aux facteurs directs et indirects de la perte de biodiversité. Nous devons également faire en sorte que la biodiversité devienne une composante à part entière de tous les secteurs économiques et résoudre le problème de l’agriculture industrielle, car cette dernière nuit gravement à la biodiversité. 

Nous ne pouvons pas faire le commerce de la biodiversité, ni en faire une ressource dépendante du marché ou accepter une logique de compensation des effets négatifs qu’elle subit. Les solutions technologiques ne peuvent à elles seules fournir une réponse adéquate et doivent être fondées sur le principe de précaution. Nos modes de vie doivent eux tenir compte des limites de notre planète. Pour répondre à la crise de la biodiversité, des solutions fondées sur l’agroécologie et les communautés existent déjà, nous devons seulement les reproduire à grande échelle en nous appuyant sur un cadre mondial de la biodiversité robuste, véritablement efficace et dirigé par les populations.  

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